Quand les citoyens sont consultés et s’expriment, ils le font sans détour. Publié par le Conseil économique social et environnemental (CESE), le rapport issu de la Convention citoyenne tenue en 20251 préconise une refonte complète des rythmes : début des cours à 9h pour les adolescents, pause méridienne portée à 1h30, devoirs réalisés à l’école, semaine d’enseignement de cinq jours, articulation claire entre savoirs le matin et pratiques l’après-midi, et calendrier 7 semaines / 2 semaines. À ces mesures s’ajoutent deux propositions structurantes : la création d’un ministère de l’Enfance pour coordonner l’action publique, et l’affirmation de la lutte contre les violences, les agressions sexuelles et le harcèlement comme priorité éducative majeure.
PEDT obligatoire ?
Les préconisations de ce rapport interpellent également les élus et cadres des communes et intercommunalités. Si elles étaient mises en œuvre, ces orientations pourraient transformer l’organisation éducative locale. Le rapport propose un Projet éducatif de territoire (PEDT) obligatoire sur tout le territoire. Aujourd’hui facultatif, il deviendrait le socle stratégique du « continuum éducatif », associant temps scolaire, périscolaire, extrascolaire et familial. Les collectivités seraient chargées de planifier, coordonner, évaluer. Elles deviendraient co-architectes de la cohérence éducative, ce qui renforcerait leur place mais alourdirait leurs responsabilités.
Autre élément clé : un comité de pilotage trimestriel obligatoire, plus large et plus décisionnel. Il rassemblerait collectivités, Éducation nationale, associations, clubs sportifs, médiathèques, centres sociaux, parents, jeunes et même un comité transports. Sa mission : orchestrer les « apprentissages pratiques », mutualiser les ressources, gérer le vivier d’intervenants, améliorer la mobilité des enfants. Pour les élus locaux, c’est une opportunité de réduire les inégalités territoriales, mais aussi un défi de gouvernance.
Le CESE encourage également une ouverture élargie des écoles et collèges en dehors des heures de classe. Ateliers culturels, sport, activités intergénérationnelles, bricolage, vie quotidienne… Une façon d’optimiser le patrimoine existant, de réduire les déplacements et de renforcer l’animation locale. Mais les communes devront revoir règles d’usage, sécurité, nettoyage et assurances.
Des campus de jeunes à la place des écoles
Enfin, le rapport défend la création progressive de “campus des jeunes”. Espaces de devoirs, studios, fablabs, équipements artistiques, services de santé, renaturation des cours. Une transformation profonde du bâti scolaire qui suppose des investissements lourds : rénovation thermique, accessibilité, sécurisation.
Ces 25 propositions restent consultatives. Dans un paysage politique sans majorité et dans un cadre budgétaire contraint, rien ne garantit un consensus sur la question éducative et une possible traduction législative et financière. Toutefois, pour les élus prêts à repenser l’éducation et la protection de l’enfance, ce rapport offre une matière riche, structurée, immédiatement mobilisable
Photo © Cese
- Le 2 mai 2025, le président de la République a confié au Conseil économique, social et environnemental l’organisation d’une Convention citoyenne sur les temps de l’enfant. Ce rapport est le fruit de la réflexion de 100 citoyens tirés au sort, 30 ateliers territoriaux, un panel d’enfants et d’adolescents consultés. Il contient 25 propositions, dont 20 adoptées à plus de 66 %. ↩︎
• Lire le rapport de la Convention citoyenne sur le site du CESE











