L’autre gagnant, plus direct cette fois, ce sont Les Républicains. Bruno Retailleau a eu raison de souligner que son parti sortait mieux que les autres de cette séquence. Pas de raz-de-marée, certes, mais des conquêtes, des réélections, peu de pertes, et surtout l’image retrouvée d’une force capable de gouverner localement. Dans un paysage politique marqué par l’instabilité et la personnalisation, cette solidité vaut de l’or. Pour autant, LR ne devrait pas se tromper de lecture. Sa progression ne signifie pas que sa base soit définitivement stabilisée. Le cas de Martine Vassal à Marseille montre qu’une partie de l’électorat de droite est désormais prête, lorsqu’elle estime la victoire hors de portée ou la ligne trop indécise, à se tourner vers le RN par vote utile. LR sort donc renforcé, mais aussi potentiellement fragilisé. Une contre-performance de son candidat à l’élection présidentielle pourrait signifier une hémorragie vers l’extrême droite. L’inverse est-il vrai ? Un électorat RN pourrait-il, en cas de mauvaise campagne, se tourner vers un candidat LR ? Bruno Retailleau pourrait-il réussir ce que Nicolas Sarkozy était naguère parvenu à faire ? À ce stade, rien n’est moins sûr. Quand le RN se maintient face à LR au second tour, il ne perd pas d’électeurs, même quand la droite parlementaire est le seul espoir face à la gauche. LR est peut-être soluble dans le RN ; l’inverse, à ce stade, n’est pas vrai.
Une partie de l'électorat de droite est désormais prête à se tourner vers le RN par vote utile
À gauche, la leçon est plus rude encore. La social-démocratie est prise dans une ornière stratégique. Certains se sont époumonés dans les matinales du lundi matin pour dire que s’allier avec LFI avait fait perdre Brest, Tulle ou Clermont-Ferrand. C’est sans compter les villes où les Insoumis avaient obtenu la tête de liste, comme Limoges ou Toulouse. Certes, ce que montrent ces élections, c’est que s’allier avec les Insoumis fait perdre quelques électeurs sociaux-démocrates et conduit surtout la droite à faire barrage. Mais, s’il n’y avait pas eu d’alliance, la gauche divisée aurait perdu Brest, Tulle et Clermont-Ferrand. Elle aurait échoué à prendre Limoges et Toulouse. Dans les villes où ils se maintiennent, les Insoumis perdent en effet assez peu d’électeurs. D’autres auraient alors paradé dans les matinales pour expliquer que la gauche divisée faisait perdre. Si Rennes et Paris sont restées socialistes, c’est parce que le total de la gauche y était suffisant, mais elles sont très peu représentatives du reste du pays, où la gauche est...








