Professeur des universités en géographie politique et aménagement, spécialiste en géopolitique et analyse territoriale
En décembre 2025, l’ancienne ministre Dominique Faure a remis au gouvernement un rapport intitulé Aménagement du territoire et contractualisation entre l’État et les collectivités territoriales, pour une mobilisation coordonnée. En réponse à une commande de l’ancien ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, François Rebsamen, les auteurs du rapport formulent treize recommandations visant à lancer une nouvelle politique d’aménagement du territoire national en France. Ils proposent notamment l’élaboration d’une nouvelle stratégie nationale, la constitution d’une conférence nationale impliquant gouvernement et collectivités, l’organisation d’un débat parlementaire, la création d’un organe interministériel de coordination des politiques spatiales, voire la préparation d’une nouvelle loi d’orientation.
Tous ces instruments viseraient à répondre à l’accumulation de défis que le paradigme néolibéral s’avère aujourd’hui inapte à surmonter. Historiquement, le renoncement graduel à l’aménagement du territoire national s’est présenté comme le corollaire du pari, longtemps consensuel, selon lequel le développement du pays dépendrait davantage de la libération des initiatives locales que de la réforme de l’État central. C’est la raison pour laquelle les politiques d’aménagement du territoire ont été transférées aux pouvoirs locaux et régionaux. Dans ce contexte, l’État n’a pas cessé d’agir,...








