Les terres rares et les métaux critiques sont au cœur des nouveaux enjeux politiques mondiaux. Éléments métalliques essentiels pour des pans entiers de l'économie, en particulier pour l'industrie automobile, les énergies renouvelables, le numérique et la défense, ils font l’objet d’âpres batailles, réveillant au passage le désir de nouvelles conquêtes territoriales, à l'instar de Donald Trump avec le Groenland.
D'un volume encore modeste, la production mondiale de ces métaux est cependant en forte augmentation. Pour preuve, elle est passée de 220 000 tonnes d'oxyde contenu dans le minerai en 2019 à 390 000 tonnes en 2024, soit une progression de 77 % en cinq ans. En vingt ans, la consommation mondiale a plus que doublé. Elle pourrait encore croître de 8 % par an dans les prochaines années, sous l'effet de l'essor des voitures électriques, des politiques énergétiques favorisant l'éolien et du développement continu de l'électronique et de la robotique.
Ces métaux sont notamment utilisés pour produire des aimants permanents aux performances exceptionnelles : jusqu'à dix fois plus puissants que les aimants classiques, tout en étant plus petits et plus légers. Les éoliennes offshore et l'aviation militaire en sont de grandes consommatrices. Les smartphones également : chaque appareil en contient environ trois grammes. Avec 1,24 milliard d'unités vendues dans le monde en 2024, cela représente plus de 3 700 tonnes de terres rares à extraire et raffiner pour cette seule industrie.








