Un copyright sur chaque visage. Face à la multiplication des deepfakes – ces vidéos truquées, générées par intelligence artificielle, capables d’imiter un visage ou une voix –, le Danemark prépare une réponse juridique inédite en Europe. Le gouvernement veut reconnaître aux citoyens un droit sur leurs caractéristiques personnelles : image, voix et traits faciaux. L’objectif est d’empêcher la diffusion d’imitations numériques sans consentement et de faciliter le retrait rapide de ces contenus.
Le projet de loi, défendu en mars 2026, soutenu par l’ensemble des principaux partis politiques, prévoit d’inscrire cette protection dans la législation sur le droit d’auteur. Concrètement, toute reproduction numérique réaliste d’une personne devra être autorisée par celle-ci. Sans accord préalable, la diffusion d’un deepfake pourra être considérée comme illégale.
La mesure concerne aussi les artistes et interprètes, particulièrement exposés à la reproduction de leur voix ou de leur image par l’IA. Pour le ministre danois de la Culture, Jakob Engel-Schmidt, il s’agit d’affirmer un principe simple : chacun doit rester propriétaire de son corps, de sa voix et de son visage.
L’application de la loi s’appuiera sur le Digital Services Act européen, qui oblige les plateformes à retirer les contenus illégaux signalés. Saluée au Parlement européen, l’initiative danoise pourrait faire école : plusieurs États membres, dont l’Irlande, envisagent déjà de s’en inspirer.








