Bar-tabac
Un bar-tabac qui ferme, c’est un peu un quartier ou un village qui meurt… C’est un fait : les bistrots et bars-tabacs familiers du paysage français – le comptoir, la place du village, la conversation quotidienne – ont connu une disparition massive.
Et documentée : ils étaient près de 200 000 dans les années 1960 ; ils ne sont plus aujourd’hui que 38 000, soit une baisse de 80 %. Derrière cette dégringolade se joue bien plus qu’une transformation économique : sans l’idéaliser, le bar-tabac s’est affirmé comme un lieu de convivialité et de mixité.
Une étude du Cepremap (Centre pour la recherche économique et ses applications), menée par l’économiste Hugo Subtil, pointe même une corrélation, à long terme, entre la fermeture des établissements et la montée du vote RN. En croisant les 18 000 fermetures de bars-tabacs survenues entre 2002 et 2022 avec les résultats des élections législatives et présidentielles sur vingt-cinq ans, « les résultats montrent que la fermeture des bars-tabacs contribue à la progression du vote d’extrême droite, dans un contexte de transformations plus larges des conditions d’existence locales – indépendamment de l’immigration, du chômage ou d’autres indicateurs économiques », souligne le chercheur.
À plus forte raison quand la fermeture du troquet se combine avec celle du bureau de poste (-20 % en 18 ans) ou de l’école… « Ce n’est pas la fermeture elle-même qui affecte immédiatement les comportements électoraux, analyse Hugo Subtil, mais l’accumulation lente de ses conséquences : la raréfaction des interactions ordinaires, l’appauvrissement de la parole collective, la cristallisation progressive d’un récit de déclin qui finit par trouver son expression électorale. »
Bar-tabac
Un bar-tabac qui ferme, c’est un peu un quartier ou un village qui meurt… C’est un fait : les bistrots et bars-tabacs familiers du paysage français – le comptoir, la place du village, la conversation quotidienne – ont connu une disparition...








