La solitude n’est plus seulement un problème individuel. En Suède, elle est désormais traitée comme un enjeu d’égalité et de cohésion nationale. C’est ce que nous apprend un article de la Fédération française des liens sociaux qui ouvre une série « La solitude, une affaire d’État », consacrée aux politiques mises en œuvre dans le monde. Depuis un an, le pays est devenu le premier à adopter une stratégie nationale dédiée à ce phénomène, intitulée « Tillsammans för god gemenskap i hela befolkningen », comprenez « Ensemble pour un bon esprit de communauté dans toute la population ».
Cette initiative répond à une évolution profonde de la société suédoise. Dans l’un des pays d’Europe où la part de ménages composés d’une seule personne est la plus élevée, l’autonomie individuelle peut aussi créer des fragilités relationnelles. Les données nationales montrent que 6 % des adultes déclarent souffrir souvent de solitude, 8 % n’ont pas d’ami proche et 13 % n’ont personne à qui confier leurs pensées. Chez les adolescents, un élève sur six dit se sentir régulièrement seul.
Inégalités d’accès aux liens sociaux
Face à ce constat, le gouvernement suédois a choisi un angle politique inédit : considérer la solitude comme une inégalité d’accès aux liens sociaux. La stratégie, portée par le ministre des Affaires sociales, Jakob Forssmed, vise ainsi à agir sur les infrastructures sociales : urbanisme, accès aux transports, espaces publics, activités de proximité ou encore participation à la vie collective. L’objectif est clair : créer des « conditions équitables pour les relations sociales ».
Le plan repose sur trois axes : faciliter l’accès aux lieux de sociabilité, lever les obstacles à la participation sociale et mieux repérer les situations de solitude chronique, notamment à l’école ou dans le système de santé. Il mobilise l’ensemble de la société : État, collectivités locales, associations… mais aussi entreprises, invitées à favoriser les interactions au travail et dans la vie quotidienne.









