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Handicap, mobilité, autonomie : l’Ille-et-Vilaine mise sur l’accompagnement entre jeunes avec “Mon copilote”

À Rennes, le Département d’Ille-et-Vilaine teste depuis six mois le dispositif Mon copilote, destiné à accompagner des collégiens et lycéens en situation de handicap dans l’usage des transports en commun. En s’appuyant sur des étudiants formés, l’expérimentation vise un objectif central : développer l’autonomie des élèves pour leurs trajets scolaires, tout en sécurisant leurs déplacements.
La rédaction
Elsa AOUSTET
Publié le 23 février 2026

Le Département d’Ille-et-Vilaine expérimente à Rennes le dispositif Mon copilote. Son ambition : permettre à des collégiens et lycéens en situation de handicap d’utiliser les transports en commun pour leurs trajets scolaires, tout en développant leur autonomie. Concrètement, chaque élève en situation de handicap est accompagné quotidiennement par un étudiant formé, qui l’aide à se familiariser avec les transports publics et à gagner en confiance. « Nous sommes actuellement en phase de test sur une moyenne de cinq élèves accompagnés », explique Agathe Jamier, coordinatrice de la mission transports scolaires adaptés au Département.

Sur mesure

Pour identifier les bénéficiaires, la mission transports du Département d’Ille-et-Vilaine sollicite directement les familles qui la contactent dans le cadre d’une demande de transport scolaire adapté (une compétence obligatoire de la collectivité). Les élèves concernés doivent être reconnus par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).

En fonction du profil de l’élève et de son lieu d’habitation, le Département peut proposer une orientation vers le dispositif. Les familles sont alors mises en relation avec l’entreprise Mon copilote, structure de l’économie sociale et solidaire chargée du recrutement et du suivi des accompagnateurs.

Ces accompagnateurs sont majoritairement des étudiants. Leur sélection fait l’objet d’un travail approfondi, complété par une formation spécifique aux problématiques liées au handicap. Un temps d’échange est également organisé entre la famille et le copilote afin de poser les bases d’une relation de confiance.

Gagner en autonomie

Les premiers trajets débutent ensuite, avec un principe clé : éviter l’installation d’une dépendance. « Un élève peut être accompagné par plusieurs copilotes afin de ne pas créer d’habitude, mais bien de viser l’autonomisation », précise Agathe Jamier.

Dans cette logique, les accompagnateurs adoptent progressivement une posture en retrait. L’objectif est d’encourager l’élève à prendre des initiatives et à gérer les imprévus. « Parfois, nous simulons une panne de métro et poursuivons le trajet à pied. Nous alternons entre métro et bus, nous créons différentes situations pour qu’ils soient prêts en cas de difficulté. Ils savent quoi faire », témoigne Dorian, qui accompagne Inès jusqu’à son collège deux fois par semaine.

Quatre mois d’accompagnement

Les premiers résultats de l’expérimentation sont prometteurs. « Aujourd’hui, deux élèves sont déjà autonomes et sont sortis du dispositif. Nous avons ainsi pu ouvrir des places à de nouvelles familles. En moyenne, il faut compter quatre mois d’accompagnement par élève », souligne Agathe Jamier.

Entièrement financé par le Département, le dispositif mobilise actuellement un budget de 40 000 euros, qui devrait être porté à 60 000 euros l’an prochain.

Généralisation envisagée

Inspirée des expériences menées en Île-de-France et en Gironde, où les services de Mon copilote sont déjà déployés, l’initiative pourrait progressivement s’élargir à d’autres territoires d’Ille-et-Vilaine.

À plus long terme, une généralisation à d’autres agglomérations est envisagée. « Cela suppose que le territoire dispose d’un réseau de transports en commun suffisamment développé pour permettre aux étudiants accompagnateurs de se déplacer facilement entre leur domicile et leur lieu d’étude. Nous devons analyser plus précisément les réseaux existants », souligne Agathe Jamier.


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