Entre vélo et fourgonnette, il y a désormais le véli. Comprenez par-là véhicule intermédiaire à assistance électrique, idéal pour parcourir des petites distances et remplacer des utilitaires thermiques. Bretagne et Occitanie, sont les deux régions pilotes choisies par l’Ademe pour expérimenter le programme Extrême Défi Mobilité afin de tester les vélis dans les métiers des espaces verts. Financé par l’agence, le projet baptisé DécarMOB’reizh est porté par l’association Les Boîtes à Vélo, dont l’objectif est d’accompagner les professionnels dans la décarbonation de leurs activités. « Le véli représente le maillon manquant entre le vélo et la voiture. Il s’agit d’un engin à trois ou quatre roues, plus léger et plus petit qu’une voiture, mais offrant des capacités de mobilité quotidienne significatives pour les professionnels et les collectivités », explique Alexis Avenel, chef de projet au sein de l’association qui accompagne les expérimentations conduites dans la région. La plupart des vélis rentrent dans la catégorie des vélos à assistance électrique avec une vitesse limitée à 25 km/h, un poids qui ne dépasse pas les 150 kg et sont autorisés à circuler sur des pistes cyclables. Ils peuvent également tracter une remorque.
Un déploiement en trois temps
Après une phase de création d’une filière pour la conception et la fabrication de divers modèles, en partenariat avec une dizaine de start-up françaises basées à Lyon, Rennes, Strasbourg, Laval ou Toulouse, le projet est entré en phase d’expérimentation en février. Cinq collectivités ou entreprises participent au projet. Rennes Métropole les a testés pour remplacer les camionnettes thermiques de son service des jardins et de la biodiversité lors des missions d’entretien, de tonte et de plantation. La Région Bretagne en a doté les éclusiers du canal d’Ille-et-Rance pour transporter leur matériel de bricolage et de peinture le long des chemins de halage. La SNCF s’en est servie sur son Technicentre de Rennes Saint-Jacques, pour les déplacements de ses agents entre ses deux bâtiments distants de 2 km. À Brest, l’établissement ou service d’aide par le travail (ESAT) Les Genêts d’Or de Ploudalmézeau, a cherché à donner plus d’autonomie à des équipes de personnes en situation de handicap pour réaliser de petits chantiers d’espaces verts en proximité, sans dépendre d’un grand fourgon collectif.
Faire évoluer les habitudes
La dernière expérimentation va démarrer avec Lorient Agglomération. Il s’agira cette fois d’utiliser les vélis pour des missions de propreté urbaine, de collecte des déchets et des encombrants sauvages.
Chaque expérimentation représente un cas d’usage différent. Alexis Avenel en tire déjà les premiers enseignements. « Les vélis prouvent qu’une organisation spécifique permet de maintenir la qualité du service sans recourir à des véhicules thermiques plus lourds et que ces engins sont particulièrement adaptés aux zones naturelles et industrielles étendues ». Une fois la phase expérimentale terminée viendra celle du déploiement. Elle passera par des aides à la location ou à l’achat de vélis par les collectivités intéressées mais aussi, par un accompagnement dans la conduite du changement pour faire évoluer les habitudes d’agents utilisant des camions depuis des décennies afin que « le changement soit accepté sans être perçu comme une contrainte ». Bref, attendez-vous à croiser ces sympathiques véhicules sur les routes, les chemins et les pistes cyclables.
Photo : © Les boîtes à vélo Bretagne









