C’est grâce à une technologie issue de la réparation navale que le pont de l’Europe d’Orléans retrouve progressivement tout son lustre. Inauguré en 2000, il avait jusque-là fait l’objet d’une opération de décapage en 2012, qui avait nécessité 800 000 euros de travaux, d’importants moyens matériels et une entrave à la circulation. Après vingt-cinq ans de service, un nettoyage approfondi et une inspection détaillée s’imposaient.
« La peinture de l’arche protège l’acier qui, s’il est exposé par une dégradation de la couche visible, peut se fragiliser avec le temps », explique Christophe Robert, responsable du pôle ouvrages d’art de la collectivité.
Pour cette opération lancée en janvier, Orléans Métropole a fait le choix d’une technologie innovante : un robot laveur téléopéré depuis le sol par Lassarat, société spécialisée notamment dans le nettoyage des parois métalliques des carènes de navires ou des cuves à hydrocarbures des dépôts pétroliers.
Les propriétés magnétiques de la machine lui permettent de se fixer et de se déplacer sur les surfaces planes. Guère plus volumineux qu’un aspirateur, l’engin a été adapté pour épouser la courbure de l’arche de ce pont culminant à 27 mètres au-dessus du tablier, long de 378 mètres. Il est désormais utilisé pour traiter les suspentes qui soutiennent l’ouvrage.
Gain de temps et économies substantielles
Le robot est relié par un système de tuyaux à une installation de chantier située au pied de l’ouvrage. Ces conduits acheminent l’eau, l’électricité et les fluides nécessaires au nettoyage depuis la rive de la Loire.
Il décape les salissures accumulées, redonnant à l’arche sa couleur blanche d’origine. Mais le nettoyage ne suffit pas. La machine transmet des images en temps réel, permettant aux techniciens d’effectuer un contrôle visuel précis de l’état de surface et de vérifier l’absence de piqûres de corrosion ou de craquelures dans le système anticorrosion. L’intervention est complétée par une surveillance par drone, assurant un suivi exhaustif de la structure métallique. « Ce dispositif nous a permis d’intervenir sans déployer de gros moyens. L’opération sur l’arche aura duré quinze jours tout en maintenant la circulation automobile, cycliste et piétonne », souligne Christophe Robert.
En 2012, la métropole avait dû débourser 800 000 euros pour le décapage. Cette fois, les devis pour une intervention humaine étaient estimés à 1 million d’euros. Au final, l’opération aura coûté 50 000 euros, soit un écart spectaculaire.
Orléans Métropole assure l’entretien et la surveillance de 180 ouvrages répartis sur l’ensemble de son territoire. Seul le pont de l’Europe bénéficie de ce dispositif lors des grandes visites, tous les six ans, en raison de son architecture en « bow-string », un arc à tirant qui impose un entretien spécifique, notamment sur l’arche traitée par la société Lassarat.







