À partir du 15 juin, certaines routes départementales de l’Allier vont changer de couleur. Les automobilistes pourraient être surpris de voir apparaître de longues bandes blanches sur des chaussées habituellement noires. Il ne s’agit pourtant ni d’un chantier ni d’un marquage routier inédit, mais d’une réponse concrète aux épisodes de chaleur extrême qui se multiplient chaque été. Le Conseil départemental a décidé de recourir au lait de chaux, un mélange d’eau et de chaux pulvérisé préventivement sur les chaussées les plus exposées. Cette technique vise à lutter contre un phénomène bien connu des gestionnaires routiers : le « ressuage ». Sous l’effet de températures élevées, le bitume se ramollit, remonte à la surface et rend la route plus glissante. Les pneumatiques peuvent alors être endommagés et les conditions de circulation se dégrader.
Réfléchir le rayonnement solaire
Longtemps, les collectivités ont utilisé des gravillons pour absorber le bitume fondu. Une méthode efficace mais contraignante, qui génère des projections et nécessite des interventions plus lourdes. Le lait de chaux apparaît aujourd’hui comme une alternative plus simple et plus sûre. Son principal atout est thermique. En réfléchissant davantage le rayonnement solaire qu’un revêtement noir classique, la fine pellicule blanche permet de réduire d’environ 10 degrés la température de la chaussée. Cette baisse limite les risques de déformation du revêtement tout en améliorant l’adhérence des véhicules. Autre avantage : la circulation peut reprendre immédiatement après l’épandage.
Au-delà de l’entretien routier, cette expérimentation illustre l’adaptation progressive des collectivités locales aux conséquences du changement climatique. Face à des épisodes caniculaires plus fréquents et plus intenses, les départements sont amenés à repenser la gestion de leurs infrastructures.
Utilisée depuis longtemps dans l’agriculture et le traitement des sols, la chaux ne présente pas d’impact environnemental négatif connu. Le Département précise toutefois adapter ses protocoles d’intervention en fonction des études environnementales et des prévisions météorologiques. Seule contrainte pour les automobilistes : quelques projections blanches peuvent apparaître sur les bas de caisse dans les heures suivant le traitement. Un simple nettoyage à l’eau froide additionnée de vinaigre blanc suffit alors à les éliminer.
Photo CD 03











