Professeur des universités en géographie politique et aménagement, spécialiste en géopolitique et analyse territoriale.
La décentralisation a longtemps été pensée comme une façon d'améliorer le fonctionnement de l'action publique, la proximité du terrain étant censée favoriser le dialogue démocratique, la souplesse et l'adéquation des décisions aux particularités locales. Face à la crise de légitimité que subit l'État, les voix se multiplient depuis plusieurs mois en faveur d'une émancipation nouvelle des pouvoirs locaux. Certains leaders politiques revendiquent même le passage à un État fédéral quand d'autres réclament la fin de la tutelle de l'État sur les collectivités territoriales. Rarement la défiance des pouvoirs locaux à l'égard de l'État n'a été aussi vive. Les griefs sont connus : une recentralisation déguisée, notamment sur le plan financier ; des normes démultipliées, parfois peu cohérentes entre elles ; des interventions technocratiques dont le cap n'apparaît ni clair, ni forcément adapté à la réalité des contraintes et des défis locaux. Les exemples de crispations entre le niveau central et les niveaux locaux n'ont pas manqué au cours...









