Pommiers Canada gris, poiriers William, pruniers Reine-Claude de Bavay… Fin janvier, l’agglo de Pau a distribué gratuitement plus de mille arbres fruitiers aux foyers des 31 communes disposant d’un jardin. Cette journée a permis des échanges entre citoyens et spécialistes des arbres, avec des ateliers de greffage et de plantation, et des conférences sur l’utilité des arbres fruitiers en ville.
La cartographie du territoire de l’agglo Pau Béarn Pyrénées permet d’établir un point précis de la couverture arborée et de fixer des objectifs pour les années à venir. Aujourd’hui, cette couverture représente 28 % des surfaces, mais seulement 11 % des parties urbaines. L’objectif est d’atteindre 30 %, soit 10 000 arbres supplémentaires par an, dont la moitié dans le domaine privé. Un appel a été lancé pour identifier des parcelles permettant d’accueillir des micro-forêts.
Au Domaine de Sers, l’agglo de Pau s’est dotée d’une pépinière qui va fournir 2 000 arbres par an aux communes. Cette pépinière communautaire a fait le choix de l’achat de semis pour n’élever que de jeunes arbres, plus avantageux sur le plan financier, avec des essences variées et une attention particulière portée à leur résistance au réchauffement climatique.
Tout en réduisant les îlots de chaleur et en favorisant la perméabilité des sols, ce plan « Canopée » est aussi une réponse pour améliorer la qualité de l’air et favoriser la biodiversité en ville, avec la possibilité d’un glanage des fruits pour les habitants et la faune. Lors de la 2e édition des « Rendez-vous avec les arbres », du 19 au 25 janvier, des interventions pédagogiques et des plantations ont été organisées dans dix écoles de l’agglomération.
D’autres collectivités s’y mettent
Cette initiative de l’agglo de Pau est originale mais, heureusement, non isolée. La même logique est mise en œuvre en Seine-Saint-Denis. L’établissement public territorial Plaine Commune, qui regroupe neuf villes autour de Saint-Denis, a lancé le dispositif « Plaine Commune m’offre un fruitier ! ». Les habitants disposant d’un jardin en pleine terre peuvent recevoir gratuitement un arbre sur inscription. Pour la troisième édition, début 2026, tous les arbres ont été réservés avant la date limite du 4 mars.
Au-delà de la distribution, certaines initiatives misent sur la transmission des savoir-faire et la préservation des variétés anciennes. À Sailly-sur-la-Lys, l’association des Croqueurs de pommes a organisé une séance dédiée aux techniques de taille. Dans le Nord, le Parc naturel régional de l’Avesnois relance l’opération « Sauvons les fruitiers de nos communes ». Objectif : sauvegarder des variétés locales menacées de disparition, comme la pomme Dorée, la cerise de mai ou la poire Miracle. L’arbre fruitier devient ici un outil patrimonial et un vecteur de mémoire rurale.
D’autres territoires vont plus loin en mobilisant les habitants autour de plantations collectives. Dans l’agglomération Saumur Val de Loire, une micro-forêt de 1 300 arbres a été plantée en une journée à Saint-Lambert-des-Levées grâce à l’engagement d’une quarantaine de bénévoles et au soutien du Bioparc de Doué-en-Anjou. Inscrite dans le projet « Demain, la forêt », l’opération illustre une approche participative et rapide de renaturation.
Et parce que tout le monde ne dispose pas d’un jardin, plusieurs communes de l’agglomération de Grand Cognac ont créé des vergers partagés, ouverts gratuitement à tous les habitants, afin que chacun puisse venir y cueillir des fruits de saison.
Photo Ville de Gelos/DR








