Professeur des universités en géographie politique et aménagement, spécialiste en géopolitique et analyse territoriale.

Depuis un demi-siècle, le territoire français est travaillé par des transformations socio-démographiques déstabilisantes et imparfaitement appréhendées dans le débat public. En centrant leur lecture sur le clivage urbain/rural (ou métropoles/France périphérique), la plupart des commentateurs omettent l’existence d’une grande divergence régionale opposant la moitié sud-ouest, très dynamique sur les plans démographique et économique, et le Nord-Est, longtemps en situation de stagnation et aujourd’hui en déclin. Ce clivage régional transcende les contrastes villes/campagnes. Repérable dès les années 1970, il s’est accentué depuis sous l’effet de plusieurs processus conjoints : la métropolisation, la désertification, la littoralisation et la désindustrialisation. Ce schisme macro-régional s’est d’autant plus facilement déployé qu’aucune politique volontariste n’a cherché à le contenir. Les collectivités territoriales n’ont pas la superficie suffisante pour l’infléchir et l’État a renoncé, de façon progressive...









