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Ça se passe à Bordeaux 45 le foncier agricole, nerf de la guerre

En trente ans, la métropole bordelaise a perdu près de 80 % de ses exploitations agricoles.
La rédaction
La rédaction
Publié le 28 février 2023

Signataire en 2015 — avec 200 autres villes européennes — du pacte de Milan pour une alimentation durable, Bordeaux Métropole s’est dotée en 2017 d’un conseil consultatif de gouvernance alimentaire durable. Celui-ci réunit des acteurs du système alimentaire local et, depuis 2020, des agriculteurs. Lauréate du projet européen Food Trails, cette instance s’est attelée à l’élaboration d’une stratégie de résilience agricole et alimentaire (SRAA) qui se concrétise aujourd’hui. « Avec
400 acteurs de terrain, nous avons déterminé des objectifs communs, pour relocaliser la production alimentaire, soutenir l’agroécologie et garantir l’accès de tous à une alimentation plus locale et plus saine,
note Patrick Papadato, vice – président de Bordeaux Métropole en charge de la SRAA. Tout l’enjeu a été de définir un plan d’action avec des indicateurs ciblés et des financements multiples, publics et privés. » Votée en novembre 2022, cette stratégie se décline aujourd’hui
en 45 fiches action à déployer sur trois ans.

Stopper la perte de surfaces agricoles

Nerf de la guerre, la sacralisation du foncier agricole doit permettre de stopper la perte de surfaces agricoles, puis d’augmenter de 10 % le nombre des agriculteurs sur le territoire d’ici 2030. Pour cela, la métropole travaille avec les communes,
pour soutenir et financer les structures qui accompagnent la transmission des exploitations ; elle réfléchit aussi à des modalités de rachat des terres agricoles aux producteurs sur le départ : « Il faut trouver le juste prix, explique Patrick
Papadato, pour racheter des terres sans léser les agriculteurs et sans tomber dans la spéculation. L’idée serait ensuite soit de les louer, via un bail rural, soit de les revendre à des associations qui soutiennent les exploitants. » En complément, Bordeaux Métropole veut créer une école maraîchère, anticiper la question du logement des exploitants ou encore multiplier les « couveuses mobiles » : version agricole de l’incubateur d’entreprises, celles-ci mettent des terres et des serres à la disposition de jeunes agriculteurs, pour qu’ils testent leur modèle et leurs méthodes.

« Il faut trouver le juste prix, pour racheter des terres sans léser les agriculteurs »

Double labellisation

Plusieurs mesures concernent aussi ceux qui sont déjà installés, pour les aider à lutter contre la faune sauvage, à vendre en circuits courts, notamment sur le marché d’intérêt national de l’agglomération, ou encore à effectuer leur transition vers l’agroécologie. Avec 20 % de terres agricoles bio, la métropole vise le seuil des 30 % en 2027 et des 50 % en 2030. Grâce à cet engagement, doté d’un budget
annuel de quatre millions d’euros, la collectivité espère bénéficier de la double labellisation « territoire bio engagé » et « projet alimentaire de territoire », ainsi que des financements qui vont avec.

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