Doomers
Pour eux, c’est clair : un effondrement majeur de la civilisation est désormais probable, voire inévitable. On appelle ces catastrophistes les doomers, de l’anglais doom – la catastrophe inévitable. Longtemps cantonnée aux milieux écologistes ou survivalistes, cette vision pessimiste s’est déplacée vers un nouveau terrain : l’intelligence artificielle.
Pour ces courants, l’IA pourrait constituer un risque existentiel. Ils redoutent la perte de contrôle sur des systèmes toujours plus autonomes, la compétition technologique entre États et entreprises et la combinaison de l’IA avec d’autres menaces : armes autonomes, désinformation de masse ou fragilisation démocratique.
Ce discours trouve un écho dans certaines voix du secteur lui-même. Des chercheurs évoquent publiquement la possibilité de scénarios catastrophiques : « nous pensons qu’il serait bon pour le monde d’avoir la possibilité de ralentir ou de suspendre temporairement le développement de l’IA de pointe, afin de permettre aux structures sociétales et à la recherche sur l’alignement de suivre le rythme des progrès de la technologie », estime Anthropic, l’un des grands acteurs du secteur, le 4 juin 2026, demandant un moratoire pour éviter une potentielle perte de contrôle.
Données

Invisibles, techniques, presque abstraites, les données sont devenues l’une des matières premières les plus convoitées de notre époque. Et, forcément, un nouvel eldorado pour les criminels. Noms, numéros de téléphone, coordonnées bancaires, informations de santé, habitudes de consommation : tout se revend, se croise, s’exploite.
En 2025, le vol de données a atteint un niveau record en France. Les pirates aspirent des données revendues dans le but de commettre une multitude d’arnaques ciblées. Plus de 504 000 demandes d’assistance ont été enregistrées par Cybermalveillance.gouv.fr, tandis que l’hameçonnage a bondi de 71 % en un an.
Ces arnaques coûtent cher aux victimes. Si la moitié perd moins de 150 €, un quart des victimes perd plus de 1 000 €, des montants qui peuvent atteindre des dizaines de milliers d’euros pour les arnaques bancaires.
Le sujet devient politique dès lors que les arnaques installent une suspicion permanente et augmentent le sentiment d’insécurité. Dans une société entièrement numérisée, protéger les données revient non seulement à protéger les individus… mais aussi la confiance collective dans les institutions.
Vocal
Vous avez un nouveau message… Longtemps associé au répondeur téléphonique, l’usage du message vocal connaît une seconde vie spectaculaire avec les messageries instantanées. Chez les jeunes, il tend même à devenir un mode d’expression à part entière.
Plus souple qu’un appel, plus vivant qu’un texto, le vocal répond aux contradictions de notre époque : parler… sans téléphoner ! Selon une étude relayée par le Blog du Modérateur, les plus jeunes reçoivent près de six messages vocaux par jour. Et 39 % des personnes interrogées jugent ce format plus simple pour transmettre surtout une idée, une émotion ou un ressenti plus qu’une information. Le vocal devient ainsi une manière de maintenir une forme de proximité à distance.
Derrière cette habitude se cache peut-être un signal plus profond : le retour de l’oral dans nos usages numériques. Podcasts, assistants vocaux, notes audio… La parole reprend sa place. Au risque de devenir à son tour envahissante, notamment dans les transports.
Soin
Près de trois Français sur quatre ont déjà renoncé à au moins un soin au cours des cinq dernières années. Selon la Fédération hospitalière de France, ils sont désormais 73 % à déclarer avoir différé ou abandonné une consultation, un examen ou un traitement. C’est dix points de plus en un an, soit près de 7 millions de personnes supplémentaires.
Dans plus d’un cas sur deux, ce renoncement s’explique par l’allongement des délais d’attente. Obtenir un rendez-vous chez un généraliste nécessite désormais près de deux semaines, contre quatre jours en 2019. Il faut attendre quatre mois pour consulter un dermatologue, contre deux mois il y a cinq ans.
À cette dégradation s’ajoute une fracture territoriale et sociale de plus en plus marquée. Quatre Français sur dix renoncent aux soins pour des raisons financières. La désertification médicale touche durement les territoires ruraux les plus fragiles et les quartiers populaires des métropoles.
Autre signal d’alerte : les moins de 35 ans sont désormais les plus concernés. Ils sont 85 % à déclarer avoir déjà renoncé à des soins. Dans le même temps, 57 % d’entre eux reconnaissent s’être rendus aux urgences pour des situations qui ne relevaient pas d’une urgence médicale.
Œuf

Longtemps banal, presque invisible dans nos cuisines, l’œuf est désormais tendance ! Et pour cause : l’inflation alimentaire et les arbitrages budgétaires ont donné des ailes à cette protéine accessible et rapide à cuisiner. L’œuf coche toutes les cases : facile à conserver, riche en protéines, compatible avec tous les repas et presque tous les régimes.
Les chiffres en témoignent : en 2025, chaque Français a consommé en moyenne 237 œufs, un record historique, contre 173 dix ans plus tôt. Depuis 2023, les achats ont bondi de 14 % entraînant régulièrement des ruptures de stock en magasin.
Même logique du côté du poulet. En vingt ans, sa consommation a quasiment doublé, notamment sous l’impulsion des nouveaux fast-foods qui représentent l’un des segments les plus dynamiques de la restauration rapide, avec une croissance et une multiplication des enseignes spécialisées.
Mais cette consommation de masse a son revers. Pour suivre la demande, la filière prévoit désormais la construction de centaines de nouveaux poulaillers et l’augmentation du nombre de poules élevées. Le succès de l’œuf raconte ainsi une contradiction très contemporaine : nous voulons manger mieux, local et responsable… mais aussi vite, simplement et à bas prix.






