« Le vélo a été identifié comme le mode de déplacement le plus efficace pour réduire les embouteillages et favoriser le report modal. Plus souple et moins coûteux à l’usage que les transports collectifs, il répond particulièrement bien aux besoins du territoire », explique Wilfried Braud, responsable mobilités à la Communauté de communes d’Erdre et Gesvres (CCEG), en Loire-Atlantique.
Depuis 2017, l’intercommunalité a placé le vélo au cœur de son plan global de mobilité. Cette stratégie répond à une double réalité : une forte dépendance à l’automobile et l’arrivée d’environ 1 000 nouveaux habitants chaque année.
Le déploiement du plan repose sur trois axes. D’abord, la CCEG a pris la maîtrise d’ouvrage des itinéraires cyclables intercommunaux afin de faciliter les liaisons entre les bourgs. Ensuite, elle accompagne ses douze communes dans l’élaboration de plans d’action dédiés aux mobilités actives, adaptés aux spécificités locales autour des écoles, mairies ou commerces. Enfin, elle développe un véritable écosystème vélo qui va bien au-delà de la seule création d’infrastructures.
À ce jour, 37 kilomètres d’aménagements ont été réalisés sur un objectif final de 190 kilomètres. Parmi les projets les plus structurants figure la transformation d’une ancienne voie ferrée en voie verte de 26 kilomètres. Ce chantier illustre la complexité de ce type d’opération : acquisitions foncières, préservation de la biodiversité ou encore gestion des eaux pluviales sous le contrôle des services de l’État. Le coût des aménagements varie fortement, de 15 à 500 euros le mètre linéaire selon les contraintes rencontrées.
Des services pour faciliter l’usage du vélo
Pour encourager la pratique, la CCEG a également développé plusieurs services. Elle propose notamment une offre de location longue durée de vélos à assistance électrique, comprenant des vélos-cargos de type longtail pour les familles. Le parc compte aujourd’hui 350 vélos. Ce service public permet aux usagers de bénéficier du forfait mobilités durables versé par certains employeurs. L’intercommunalité a également investi dans des stationnements sécurisés grâce à des abris accessibles par code d’accès.
Le plan vélo comprend aussi un important volet éducatif. Un animateur spécialisé intervient dans les établissements scolaires afin de sensibiliser les enfants aux déplacements à vélo et à la sécurité routière. Chaque année, près de 1 800 élèves de 17 établissements sont ainsi formés à la circulation en milieu urbain.
Une fréquentation multipliée par trois
Les premiers résultats sont encourageants. La pratique du vélo pour les déplacements utilitaires — trajets domicile-travail, courses ou démarches quotidiennes — a été multipliée par trois, pour atteindre environ 5 500 déplacements par jour. Cette politique a valu à la CCEG plusieurs distinctions, dont un prix aux Défis Urbains 2024 pour un aménagement original : une piste cyclable traversant une maison conservée sur son tracé.
Selon Wilfried Braud, le réseau cyclable contribue également à l’attractivité touristique et économique du territoire. La communauté de communes est située sur le parcours de la Vélodyssée, également appelée EuroVelo 1, l’un des plus grands itinéraires cyclables européens. Elle est aussi traversée par La Régalante, qui relie Nantes au Mont-Saint-Michel. Pour tirer parti de cette fréquentation, la CCEG accompagne les hébergeurs et les restaurateurs dans l’obtention du label « Accueil Vélo », garantissant des services adaptés aux cyclotouristes. Une manière de faire du vélo un levier à la fois de mobilité, de tourisme et de développement économique local.









