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Ça se passe dans la Drôme : un terreau fertile pour le bio

La Drôme fait partie des premiers de cordée de l’agriculture biologique.
La rédaction
La rédaction
Publié le 28 février 2023

Comment expliquer que, dans la Drôme, la part des surfaces agricoles biologiques soit trois fois supérieure à la moyenne nationale ? Évidemment, il n’y a pas une seule explication, mais une convergence de facteurs. Des raisons climatiques :
« La Drôme bénéficie de zones de production très diverses, avance Samuel L’Orphelin, de l’association AgriBioDrôme. Elle déploie ainsi depuis toujours une grande diversité de cultures, qui s’appuient sur une tradition de valorisation des produits locaux et de qualité. » Ce positionnement géographique et cette tradition agricole, soutenue par les consommateurs, constituent depuis quarante ans un terreau d’autant plus fertile pour le développement du bio qu’il est nourri par un réseau d’acteurs très dynamique.

Une majorité des installations

Créée en 1987, AgriBioDrôme accompagne par exemple les paysans, de leur installation ou conversion au bio à la commercialisation de leurs produits. Dans la Drôme, la majorité des installations se font en bio, voire les trois quarts certaines années. « Les associations travaillent main dans la main pour aider les porteurs de projet à trouver des terres, les conseillers sur les types de culture ou encore sur la mise en place de magasins de producteurs. » Car le déploiement des circuits courts est l’une des clés de la réussite du bio dans la Drôme : « La vente directe permet de valoriser la production sans dépendre des grandes surfaces, insiste
Samuel L’Orphelin. C’est très important, surtout en période de récession, où les grandes surfaces font des marges plus importantes sur le bio et déréférencent plein de produits bio. » Depuis vingt ans, le Conseil départemental a rejoint le
mouvement, en soutenant financièrement l’agriculture biologique et en communiquant pour informer le public et faire de cet engagement un sujet de fierté. Cette mobilisation se traduit très concrètement aujourd’hui dans les cantines des collèges qui proposent entre 40 et 50 % de produits bio. Ce score très supérieur aux objectifs fixés par la loi EGalim s’inscrit dans une politique plus globale de lutte contre le gaspillage alimentaire et de promotion des recettes végétariennes auprès des cuisiniers : « Nous les mettons en relation avec les producteurs, pour redonner du sens à leur métier, et leur proposons des recettes sans viande attractives », argumente Samuel L’Orphelin.

Bien manger

Au collège et à la maison, les consommateurs drômois sont particulièrement réceptifs au « bien manger », même si leur revenu moyen est inférieur à la moyenne nationale. « C’est la preuve que ce n’est pas qu’une question de budget, souligne Samuel L’Orphelin. Il y a aussi depuis longtemps cette envie d’avoir accès à une alimentation de qualité. » Pour que cette envie, déterminante dans l’équation drômoise, ne pâtisse pas aujourd’hui des vents contraires qui soufflent sur la consommation en général, et sur le bio en particulier, les acteurs départementaux ont conscience de la nécessité de poursuivre leur entreprise de sensibilisation du grand public sur les bienfaits environnementaux et sociaux du bio.

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Patrick SCHEYDER

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