train Alstom Coradia iLint roulant en Allemagne (en 2018) et qui pourrait être testé en France.

Un train régional à hydrogène en Centre-Val de Loire

Engagée dans une politique volontariste en faveur des énergies renouvelables, la Région Centre-Val de Loire a fait de l’hydrogène un des piliers de sa stratégie. La première réalisation, la mise en service d’un train à hydrogène entre Tours et Loches est sur la voie, même si elle a pris un peu de retard.

« Le besoin d’hydrogène en France est d’environ 900 000 tonnes par an… L’enjeu est donc de produire de l’hydrogène sans émission de CO2. » Le 30 septembre, le Conseil national de l’énergie s’est clairement prononcé en faveur d’une accélération de l’introduction de l’hydrogène dans le mix énergétique français. La stratégie nationale en la matière est dotée de 7 milliards d’euros d’ici à 2030, dont près de la moitié a été engagée sur la période 2021-2023 avec le plan de relance.

S’il y en a un pour qui ce plan est indispensable, c’est bien François Bonneau. Le président de la région Centre-Val de Loire entend faire rouler sur le réseau ferré régional, dont il a pris la compétence, des trains à hydrogène. Le 21 mai dernier, l’élu qui vise une « région 100 % renouvelable » avec « une diminution de 43 % par rapport à 2014 » de la consommation énergétique, présentait sa feuille de route d’ici à 2050, faisant de l’hydrogène et de son potentiel énergétique un des piliers de sa stratégie : « l’hydrogène libère trois fois plus d’énergie que l’essence ». L’utilisation de l’hydrogène en tant que source énergétique peut être appliquée dans de nombreux domaines, notamment pour le stockage et l’équilibre du réseau électrique.

La région a fait de la mobilité un des axes prioritaires du déploiement de l’hydrogène, prévoyant la mise en route d’un train à hydrogène sur le réseau régional Rémi. Pour elle, la technologie tient la corde, mais elle est encore en phase de démonstration. « En Allemagne, où elle existe déjà, elle semble bien adaptée pour des distances moyennes ou longues, ou pour un usage mixte », observe le président.

La Région participe à hauteur de 1,25 million d’euros dans le développement de son train à hydrogène. Le verra-t-on bientôt sur les rails ? Le projet a pris du retard. Le lancement de la première expérimentation était prévu sur la ligne Tours-Loches pour septembre, il a été repoussé par le constructeur Alstom et par l’État à juin 2022 au motif que de gros travaux sont nécessaires sur les infrastructures ferroviaires pour permettre au train de rouler. Grosse déception à la Région. « On a fait toutes les démarches, passé tous les marchés d’exploitation, tout était calé avec le constructeur Alstom pour que ces tests se fassent avant les travaux. Mais tout d’un coup, le constructeur et les services de l’État nous ont dit que ce n’était plus possible et qu’il fallait retarder ces tests », confiait à France Bleu Touraine Philippe Fournié, vice-président de la Région chargé des transports, le 26 août. De son côté, Alstom irait tester la motrice sur un circuit d’essai à Valenciennes.

Reste que retard ou pas, François Bonneau entend bien tenir ses engagements et qu’on devrait bientôt voir circuler en Centre-Val de Loire le premier train à hydrogène.

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