Longtemps, le sujet est resté tabou. Avouer sa fatigue, ses doutes ou son découragement, quand on incarne seul l'autorité communale, revenait à exposer une faille. Les maires ont appris à serrer les dents. Mais les chiffres ont fini par briser le silence : l'épuisement des élus n'est plus une impression diffuse, c'est une réalité mesurée.
Pourtant, l'épuisement n'a rien d'une fatalité. Ceux qui traversent plusieurs mandats sans se consumer ont souvent adopté, parfois sans le formaliser, des réflexes de préservation. Rien de spectaculaire : pas de méthode miracle ni de recette importée du privé, mais une série de petits arbitrages tenus dans la durée. Reprendre la main sur son temps, déléguer pour de bon, garder un espace à soi, ne pas rester seul face aux difficultés : autant de règles simples, à la portée de tous. Loin des grands discours, ce sont des ajustements concrets, que chacun peut mettre en place dès demain, quelle que soit la taille de sa commune. Encore faut-il se les autoriser, et accepter l'idée que se préserver n'est pas se dérober, mais la condition même pour tenir son mandat jusqu'au bout. En voici sept, éprouvées sur le terrain, pour exercer sa fonction sans y laisser sa santé.
1. Sanctuariser son agenda !
« Ce n'est pas que nous avons peu de temps, c'est que nous en perdons beaucoup. »
Sénèque, De la brièveté de la vie.
Redevenir le maître des horloges… La première chose à faire est d'inscrire à l'agenda vos incontournables à l'année, qu'ils relèvent du perso, du pro ou du mandat. Les anniversaires, les congés, les contrôles médicaux, les formations incontournables… Tout cela doit primer, et les autres rendez-vous s'organiser en conséquence. Autre solution : bloquer une demi-journée fixe chaque semaine, sans rendez-vous extérieur. Ce temps permet de traiter...










