Trouver un emploi suppose parfois, d’abord, de trouver qui gardera son enfant. En Indre-et-Loire, plus de 2 000 bénéficiaires du RSA élèvent un enfant de moins de trois ans. Pour beaucoup d’entre eux, la reprise d’un emploi ou d’une formation se heurte à un obstacle majeur : trouver une solution de garde adaptée. Une difficulté identifiée par les acteurs de l’insertion, alors même que le territoire compte des assistantes maternelles en sous-activité, des secteurs économiques confrontés à des difficultés de recrutement et des dispositifs de formation encore insuffisamment mobilisés.
Lever le frein de la garde
Partant de ce constat, le Département d’Indre-et-Loire, la CAF Touraine et France Travail ont uni leurs compétences pour expérimenter un dispositif inédit destiné aux demandeurs d’emploi ayant des enfants en bas âge. Son objectif est simple : lever le frein de la garde pour favoriser un retour plus rapide vers la formation, puis vers l’emploi.
Mobiliser les solutions existantes
L’action repose sur plusieurs leviers complémentaires. Il s’agit de mobiliser des places d’accueil en petite enfance, de favoriser l’activité des assistantes maternelles sans emploi ou en sous-activité et de mieux coordonner les solutions de droit commun existantes, notamment grâce aux relais petite enfance. L’objectif est de proposer des modes de garde pérennes, mais aussi d’accompagner les parents dans leurs pratiques éducatives et leur parcours vers l’autonomie.
Menée entre mai et décembre 2024, l’expérimentation a progressivement été étendue à l’ensemble du département, avant d’être prolongée en 2025 afin d’en mesurer pleinement les effets.
Les premiers résultats sont particulièrement encourageants. Au-delà des solutions de garde proposées, l’innovation réside dans la coopération étroite entre l’ensemble des partenaires. Car le constat de départ était aussi celui des limites des dispositifs existants. « La garde d’enfants est un vrai frein. Avec le droit commun, on n’y arrivait pas. On ne peut pas mobiliser le public auquel on s’adresse si nos réponses ne sont pas crédibles et concrètes », souligne Martial Bourdais, directeur de l’insertion, de l’habitat et du logement au conseil départemental d’Indre-et-Loire.
Une plateforme pour coordonner les acteurs
C’est précisément pour apporter ces réponses qu’une plateforme unique d’accueil, d’information, d’orientation et d’accompagnement des personnes en parcours d’insertion ayant de jeunes enfants a été créée. Elle facilite la mobilisation de l’ensemble de l’offre de services, réduit les délais de réponse et suscite une forte satisfaction chez les bénéficiaires.
« On a créé un vrai écosystème », résume Martial Bourdais. Un écosystème dans lequel insertion professionnelle, petite enfance et accompagnement social ne sont plus traités séparément, mais comme les différentes dimensions d’un même parcours vers l’autonomie.
Réduire les inégalités territoriales
Des défis demeurent. Le principal consiste à réduire les inégalités territoriales, encore marquées entre zones urbaines et rurales, tout en consolidant le réseau des relais petite enfance.
L’inscription de cette expérimentation dans le contrat local des solidarités 2025-2027 constitue, à cet égard, une étape décisive. Elle crée les conditions d’une pérennisation et ouvre la voie à « une politique durable de soutien à l’insertion des parents de jeunes enfants », selon Martial Bourdais.








