Isabelle Halfon : « Appréhender la complexité du sous-sol parisien »

« On ne pourra jamais tout sonder », prévient l’ingénieure géotechnicienne au BRGM, Isabelle Halfon, qui suit de près les travaux publics menés en région parisienne. Dans cette zone aux sous-sols largement explorés et construits au fil des années, la surveillance est constante, mais l’incertitude demeure.

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— Qu’est-ce qui fait du sous-sol parisien une zone plus sensible qu’ailleurs ?

Isabelle Halfon : Les sous-sols de la région parisienne cumulent plusieurs problématiques, dues à la fois à la nature des sols et aux conséquences de l’activité humaine. On trouve tout d’abord la présence de formations géologiques qui contiennent du gypse, une roche soluble, qui en présence d’eau va se dissoudre, et, par conséquent, créer naturellement des vides qui peuvent entraîner des désordres. D’autres formations, comme l’argile plastique, peuvent également poser problème : il s’agit d’une couche profonde, dont le gonflement, qui n’est pas lié aux sécheresses, peut exercer une pression sur les ouvrages profonds comme, par exemple les parkings à plusieurs niveaux de sous-sol. Par ailleurs, nous avons en région parisienne la présence de carrières, liées à l’exploitation du gypse — pour la fabrication du plâtre — et du calcaire grossier, largement utilisé du XVIIe au XIXe siècle. La moitié sud de Paris et ses banlieues sud et sud-ouest ont ainsi été abondamment creusées pour l’exploitation du calcaire grossier ; et, si certaines carrières souterraines ont été consolidées ou remblayées, d ’autres restent ouvertes : elles sont cartographiées et surveillées par l’Inspection générale des carrières.

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