Le cinéma public la joue local

Moins de pop corn, moins de blockbusters et de la VO… Et pourtant, ça marche ! En banlieue comme dans la ruralité, ces cinémas publics assurent une programmation de qualité et comblent un large éventail de spectateurs.

Ils vivaient leur vie plutôt heureuse, chacun de leur côté, jusqu’à ce jour de 2013 qui les a vus basculer de la tutelle communale à celle d’une communauté de villes. Des villes qui avaient en commun d’appartenir à la première couronne de l’Est parisien, et donc de cette banlieue d’un rouge aux nuances diverses selon les époques avec, pour certaines, des épisodes d’une autre coloration. Mais toutes paraissent marquées du sceau indélébile de l’émancipation par la culture. À commencer par sa forme la plus populaire qu’est le cinéma.

Il y eut bien quelques salles commerciales dans cette Seine–Saint-Denis, réputée socialement déshéritée. Subsistent les vestiges de l’une d’entre elles à Bagnolet et d’autres encore actives dans les centres commerciaux.

Avant même la désertion prévisible des géants de la distribution, des villes ont pris l’initiative d’ouvrir des salles labellisées « Art et essai ». Un pari risqué à une époque où la gentrification de cette partie de la banlieue parisienne n’était pas encore d’actualité. Même si ce qui tenait de la gageure il y a quelques décennies encore s’avère une réussite aujourd’hui, on se devait de miser sur les habitants.

« Cela fonctionne parce qu’il y a un public local. Il faut un ancrage territorial fort parce qu’on ne peut pas programmer “hors-sol”. Il y a des spectateurs qui viennent à pied quand un film est familial. Plus il est difficile ou rare, plus on vient de loin pour le voir », constate Stéphane Goudet, directeur artistique du Méliès à Montreuil qui a ouvert les portes de ses nouvelles salles en 2015.

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