Le Pecq : une consultation publique à valeur référendaire

C’est un exercice inédit de démocratie locale auquel s’est livrée la maire de Le Pecq (Yvelines) fin janvier. Le projet d’aménagement de logements et d’une crèche qu’elle soumettait à consultation publique a essuyé un « non » massif. Il a été abandonné.

Le « non » l’a emporté de manière incontestable. Le 31 janvier dernier, Le Pecq, 16 000 habitants dans les Yvelines, organisait une consultation publique auprès des habitants des Vignes-Benettes. Ces derniers devaient se prononcer sur la réalisation dans leur quartier d’un programme comprenant 50 logements, dont certains en accès à la propriété, et une crèche de 40 places. L’ensemble devait être construit sur un terrain municipal de 7 000 mètres carrés comprenant une école fermée depuis 2010.

Avec 381 électeurs venus voter sur 1 171 inscrits sur les listes électorales, soit un taux de participation de 32,5 %, le « non » a recueilli 89,2 % des suffrages. La maire Laurence Bernard avait fixé un seuil de participation à 33 % pour prendre en compte l’avis des votants. Elle s’était engagée, bien que cette consultation n’ait qu’une valeur consultative, à respecter le choix majoritaire. « Bien qu’il ait manqué quelques voix pour atteindre le seuil, le taux de participation a été important et significatif. […] Comme je m’y étais engagée, le projet envisagé ne sera donc pas réalisé », a-t-elle déclaré.

Lors de réunions publiques, nombre de personnes de ce secteur plutôt calme, constitué d’habitats collectifs, avaient exprimé leur crainte d’un accroissement de la densité de leur quartier. Laurence Bernard a estimé avoir organisé un « scrutin inédit », une telle consultation étant selon elle « relativement rare en France ». Ce « vote montre qu’il y a une aspiration pour de vrais moments démocratiques. C’est à nous de les rendre possibles », a-t-elle estimé.

D. L.

Article Précédent

Philippe Beauchamps : «Il faut accompagner l’industrie dans l’innovation»

Article Suivant

​​Isabelle Lacroix  : «Jeunes élus municipaux , un miroir grossissant des inégalités sociales»