Rouen Métropole soutient le covoiturage, et ça marche

Dans quelle agglomération covoiture-t-on le plus pour les trajets domicile-travail ? La Métropole Rouen Normandie, répond l’Observatoire national du covoiturage. 11 766 trajets y ont été comptabilisés en février 2022, devant Angers (7 968 trajets) et Montpellier (7 396 trajets). Dans le Rouennais, la demande est exponentielle : un mois plus tard, en mars, le nombre de trajets a presque doublé (21 000).

Un succès qui est directement lié au soutien financier de la collectivité à cette activité. Car si les passagers peuvent -pour l’instant- voyager gratuitement, les chauffeurs, eux, sont rétribués entre 2 € et 4 € par la métropole, selon la distance parcourue.

Comme l’a expliqué ce 16 mai, Cyrille Moreau, vice-président en charge des Transports, avec “l’augmentation du trafic, qui pourrait être de 400 000 déplacements d’ici à la fin de l’année, avec une moyenne [des distances] qui augmente également”, les élus métropolitains ont dû multiplier “par cinq l’enveloppe consacrée à la politique de covoiturage.” Son budget passe ainsi de 200 000 € à un million d’euros. 

Un “bon complément” aux autres services de transport

Ce vote a fait l’unanimité. Notamment parce que “le covoiturage peut aider à la fois à réconcilier la fin du monde et la fin du mois, en réduisant la pollution qui est émise et en aidant aussi les gens qui ont des fins de mois difficiles”, a souligné Cyrille Moreau.

Nicolas Mayer-Rossignol, lors du conseil métropolitain du 16 mai (capture d’écran).

Le président, Nicolas Mayer-Rossignol, a fait remarquer qu’“on est vraiment sur des distances où le point de départ ou d’arrivée est hors de la métropole”. Or, “c’est illusoire de mettre en place un réseau de transport en commun [qui] soit suffisamment fréquenté, régulier, rapide, et efficace ». En comparaison avec le transport à la demande, le financement du covoiturage semble raisonnable.

Par ailleurs, le conseil métropolitain a rappelé avoir récemment “baissé le prix des abonnements mensuels des transports en commun” et soutenir l’usage du vélo. Un transport multimodal qui représente “un volume d’aides de l’ordre de 40 à 50 millions d’euros sur la table, ce qui est considérable. A part l’Eurométropole de Strasbourg, personne n’est allé aussi loin” affirme Nicolas Mayer-Rossignol.

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