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Bourgogne–Franche-Comté, berceau de la filière hydrogène nationale

La Région Bourgogne–Franche-Comté met en œuvre une stratégie visant à la fois à développer les usages de l’hydrogène-énergie, à soutenir les collectivités territoriales développant des projets en la matière, et à favoriser la structuration d’une filière industrielle de premier plan. Elle est aussi la première Région à avoir commandé des trains à hydrogène, comme l’explique sa présidente Marie-Guite Dufay.

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Propos recueillis par Dominique LATIER

— Le 13 octobre, vous avez participé à l’inauguration de la station AuxHYGen d’Auxerre qui approvisionnera des bus à hydrogène du réseau de transport urbain. Pourquoi cette implication de la Région ?

Marie-Guite Dufay : L’hydrogène, et en particulier l’hydrogène vert, représente non seulement un moyen de lutter contre les effets du réchauffement climatique, mais aussi un vecteur d’emplois, d’attractivité et de croissance pour notre région. Pionnière sur cette technologie stratégique, la grande région a su combiner les talents et les compétences à la fois de la Bourgogne et de la Franche-Comté pour prendre ce virage. L’émergence de cet écosystème territorial auxerrois, qui sera le premier en France à intégrer le train, en est l’illustration. Nous y avons investi 1,3 million d’euros pour soutenir le projet d’Auxerre.

— Vous évoquez le train à hydrogène pour les transports régionaux. Quel est votre projet ?

M-GD : Nous sommes la première région de France à officialiser une commande de trois rames à hydrogène. Cette technologie consiste à remplacer les moteurs diesel par des piles à combustible et des réservoirs d’hydrogène. Conçu et fabriqué par Alstom, le train régional Coradia peut atteindre 160 km/h et transporter jusqu’à 220 passagers pour une autonomie comprise entre 400 et 600 km. Aboutissements d’un travail mené avec les équipes SNCF depuis 2018, les premiers essais sont prévus pour 2023.

Ces trains seront dans un premier temps destinés à rouler sur la ligne entre Auxerre et Laroche-Migennes. Ils remplaceront les locomotives et les automoteurs TER diesel circulant sur les parties non électrifiées du réseau. Le diesel représente encore 25 % de l’énergie consommée par les TER et est responsable de 75 % de leurs émissions de CO2. Les motrices seront approvisionnées à Auxerre à la station AuxHYGen.

— En quoi la Région est-elle précurseure dans le développement de la filière hydrogène ?

M-GD : Elle est le territoire de naissance de la filière hydrogène nationale.

L’utilisation de l’hydrogène est le domaine d’excellence de l’Université de Franche-Comté et de l’Université de technologie de Belfort Montbéliard depuis plus de 25 ans, autour de chercheurs qui développent des travaux sur la pile à combustible. Aujourd’hui, nous avons un socle universitaire fertile à l’origine de 60 % des publications scientifiques françaises dans ce domaine

F-City doté d’une pile à combustible fonctionnant à l’hydrogène, développée par Michelin.

Cet écosystème est unique. Il implique la recherche, mais aussi tout un tissu industriel de TPE-PME qui se structure avec des résultats concrets comme en 2011 avec l’immatriculation du premier véhicule roulant à l’hydrogène, le F-City fabriqué par FAM Automobiles à Étupes.

— Justement, comment la Région agit-elle pour développer la filière hydrogène ?

M-GD : Pour massifier l’usage de l’hydrogène et transformer la filière en moteur économique, il faut favoriser une augmentation rapide de la demande afin de développer les circuits de production, de distribution et de consommation.

C’est la diffusion à grande échelle qui entraînera une réduction des coûts et rendra l’hydrogène accessible à tous. Pour y parvenir, une feuille de route de 100 millions d’euros a été votée en 2019 pour accompagner financièrement des projets de territoires et des réalisations industrielles.

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