Forum Axe Seine : «Chez nous tout le monde a la parole»

Le tracé Axe Seine, qui relie Le Havre à l’amont de Paris, concerne 14,5 millions d’habitants, plus d’un million d’emplois et un quart de la fréquentation touristique du pays. Avec le Forum Axe Seine, Bruno Lafosse fait dialoguer les acteurs territoriaux en assumant les conflictualités et avec pour ambition de faire redémarrer un dossier qui « depuis 20 ans n’avançait plus »… Propos recueillis par Frédéric DURAND

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— Pourquoi avez-vous créé le Forum Axe Seine ?

Bruno Lafosse : Nous avons été interpellés par des chefs d’entreprise, des élus et des syndicalistes, principalement du Havre, inquiets face au marasme de l’activité portuaire. Ils subissent la concurrence croissante des ports du nord de
l’Europe et s’inquiètent de la perspective de l’ouverture du canal Seine-Nord, en 2028, qui risque de fragiliser leur place portuaire. Ces acteurs du territoire cherchaient comment peser dans le débat public.

— Quel est l’intérêt de ce sujet ?

BL : À première vue, le sujet paraît très technique — et il l’est en partie, car le fonctionnement d’un grand port maritime qui voit arriver et partir des millions de conteneurs chaque année est un écosystème complexe !

Toutefois, l’Axe Seine est un sujet concret : du Havre à l’amont de Paris, ce sont 14,5 millions d’habitants et plus de 1 million d’emplois portuaires, logistiques ou industriels. L’Axe Seine, c’est aussi un quart de la fréquentation touristique de la France métropolitaine, deux parcs naturels régionaux et des écosystèmes uniques à préserver. Bref, parler de l’Axe Seine, c’est parler indépendance de notre économie, gestion des ressources, aménagement équilibré du territoire,
transition énergétique…

— Quel est votre apport ?

BL : De nombreux colloques et réunions ont eu lieu, souvent bien plus doctes que les nôtres ! Ces expertises sont indispensables à la compréhension des enjeux. Mais elles ne débouchent pas sur l’action. Depuis vingt ans, on n’avançait plus, faute d’une impulsion forte à l’échelle nationale sur le sujet. Nous réunissons les « faiseux » et pas les « diseux », comme on dit en Normandie.

Nous sommes pluralistes sur le plan politique, social et géographique. Nous assumons la diversité, voire la conflictualité de nos points de vue. Nous revendiquons un format de débat à l’horizontale : pas de tribune, pas d’intervenants devant un public passif. Chez nous, tout le monde a la parole et se voit reconnaître une expertise d’usage.

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