© Mairie de Châteaudun
/

Fabien Verdier : « À Châteaudun, tout le monde peut réserver son premier rendez-vous de consultation générale »

Directeur d’hôpital de profession, Fabien Verdier, maire de Châteaudun depuis 2020, a mené à bien plusieurs projets pour que sa ville ne soit plus assimilée à un désert médical. Médecins disponibles dans la semaine, maisons de santé pluridisciplinaires, aides au logement pour les futurs praticiens, attractivité du territoire... un système de santé qui semble bien fonctionner.

Commencer
Entretien réalisé par Alice Mascher

— Comment définiriez-vous la ville de Châteaudun, et quel est le message qu’elle transmet au niveau de la santé ?

Fabien Verdier : Mon message, c’est de dire que nous ne sommes pas parfaits, mais que nous ne sommes pas un désert médical, loin de là. On possède un bel hôpital, une IRM récemment installée, une nouvelle activité en dentisterie, 10 millions de crédits d’investissements dans le cadre du Ségur de la santé. On bénéficie du centre de Santé municipal, de la maison de santé pluridisciplinaire et de l’école de formation en soins infirmiers. Cela fait quatre pôles de santé qui se conjuguent et se complètent. Nous sommes une ville de plus de 13 000 habitants avec 35 à 40 médecins dans notre hôpital, mais aussi plusieurs médecins au centre
de Santé municipal, sans compter ceux en libéral. Si vous regardez sur Doctolib, certains de nos médecins ont encore des créneaux disponibles. C’est aussi pour cela que l’on peut dire, qu’empiriquement, Châteaudun n’est pas un désert médical. Il y a quelques mois, on a recensé tous les Dunois qui n’avaient pas de médecin traitant, il y en avait entre 60 et 70. On les a mis en lien direct avec le centre de Santé municipal, ou les médecins du territoire. Quand des habitants nous préviennent qu’ils n’ont pas de médecin traitant, on les met en relation. Nos médecins sont très motivés et motivants, et ils prennent encore des patients.

— Qu’est-ce que vous avez mis en place depuis votre arrivée en juillet 2020 ?

F.V. : On accueille des internes. Ce semestre, il y a cinq internes à l’hôpital de Châteaudun. Pour essayer de toujours faire venir des jeunes, de nouveaux praticiens. Car si un interne vient, on a plus de chance qu’il reste sur le territoire. Autour de nous, on a également une maison de santé pluridisciplinaire à Civry où il y a aussi un interne chaque semestre, une maison de santé à Cloyes-Les-Trois-Rivières et une à Châteaudun. À l’hôpital, nous avons quatre médecins d’origine libanaise qui vont venir exercer. Trois ce mois-ci, et un qui arrivera en janvier. Mon adjoint chargé de la santé, Sofiane Sohbi Ballag, médecin urgentiste et chirurgien, a apporté beaucoup de CV. Nous avons des procédures avec le centre
national de Gestion pour accueillir d’autres médecins.

Ce n’est pas parfait, et il y a des progrès à faire, mais on en a fait beaucoup en deux ans malgré la période Covid-19. On va aussi accueillir deux kinésithérapeutes parce que nous avons faitdu go-between. On a trouvé où les loger à Châteaudun. Comme on anime la ville, cela leur donne envie de venir. Ils seront en libéral, mais au moins, ils seront sur le territoire, c’est ce qui compte pour les habitants. Notre offre kiné, on la renforce aussi, collectivement et collégialement. Il faut que, pour chaque item, que ce soit généraliste ou spécialiste, on ait des praticiens pour soigner les Dunoises et les Dunois, et les habitants du grand Châteaudun. Dans notre CSM (centre de Santé municipal), on a également une infirmière Asalée, soit en pratique avancée. Il manque encore quelques spécialistes comme dans le domaine de la dermatologie ou l’orthophonie. De plus, notre école de formation en soins infirmiers forme 70 infirmiers et infirmières par an. Côté soignant, on a donc une source pour générer des professionnels sur le territoire. Même s’il y a des abandons aujourd’hui, car ce sont des professions difficiles.

« Avoir un système où l’hôpital est au cœur du dispositif, c’est ce qu’il y a de mieux »

— Que faut-il dans une ville pour que son système de santé fonctionne ?

F.V. : Il faut de l’attractivité, de la synergie, de la mise en réseau des professionnels parce qu’ils aiment échanger. Cela part de l’hôpital. Avoir un système où l’hôpital est au cœur du dispositif, c’est ce qu’il y a de mieux. Il faut être attentif et très actif. Par exemple, on a demandé une IRM au directeur général de l’ARS (agence régionale de santé), avec qui nous avons eu une réunion. L’ARS l’a autorisée. On s’est battu pour que le toit de l’hôpital soit refait, pour que demain, le parking soit agrandi. On essaye d’attirer le plus possible d’investissement. On est à 300 millions d’euros d’investissements privés présents et à venir sur le territoire. Nous, nous ne mettons rien, ce sont les acteurs privés et on les remercie d’investir dans notre territoire. C’est important et c’est pour cela qu’il y a une dynamique. L’activité génère de l’activité.

On partait de loin, alors on a consolidé, et on a rendu cela durable. Si vous allez sur le site du Grand Châteaudun, vous avez tous les emplois disponibles sur le territoire. 100 CDI sont à pourvoir. Si un praticien veut s’installer, son conjoint peut trouver un travail également. Nous n’avons que 6,2 % de chômage, un taux plus bas que la moyenne nationale et plus bas que dans la zone euro. On essaye de développer tous les leviers d’attractivité pour les professionnels. On a également créé une cité médicale pour accueillir les nouveaux praticiens qui arrivent et, ensuite, on les met en lien avec les agents immobiliers locaux pour qu’ils achètent une maison. Ça leur permet d’arriver, de commencer à exercer leur pratique, d’avoir un logement correct. Et après, ils peuvent louer ou acheter. Le résultat ? Aujourd’hui, vous avez des places disponibles pour voir un médecin, dès novembre. Cela veut dire que n’importe qui peut réserver et obtenir son premier rendez-vous de consultation générale à 25 euros sur Châteaudun.

Article Précédent

Faibles émissions, grosse colère ?