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Ça se passe à Malakoff : un haut niveau de service

Le centre municipal compte huit médecins généralistes, un dentiste, trois infirmières, une diététicienne et une psychologue.
La rédaction
La rédaction
Publié le 22 mai 2023


À elle seule, la façade Art déco de l’immeuble de l’avenue Pierre-Larousse est révélatrice d’une époque. Celle des années 1930 et de la floraison des dispensaires dans la banlieue rouge parisienne. Malakoff, 31 000 habitants, n’a pas échappé à la vague et a inauguré le sien en 1939, qui n’a eu d’activité réelle qu’en 1945. Et pour marquer la symbiose parfaite entre la politique de la ville et le centre de soins, on lui a attribué le nom de Maurice Ténine, médecin communiste fusillé à Châteaubriant. Les temps ont changé. L’enseigne « Centre municipal de Santé » s’est substituée à celle de la « Maison de l’Assistance ». Ce qui était le dispensaire à usage des nécessiteux est devenu le palliatif d’un désert médical avéré, au point que Malakoff a été classée dans les zones d’intervention prioritaire (ZIP). Le centre municipal compte huit médecins généralistes — qui seront bientôt dix —, un dentiste, trois infirmières, une diététicienne et une psychologue. Une diabétologue rejoint les effectifs, à temps partiel, en poursuivant sa carrière hospitalière.

GYNÉCOLOGUES ET IVG

En revanche, il n’y a pas de kinésithérapeute. « En raison du rapport coût/bénéfice », énonce le docteur Éric May, directeur du centre. Traduction : le remboursement des actes par l’Assurance Maladie ne couvrirait pas le salaire. La valorisation des actes, par souci d’équilibre financier, se conjugue à celui du service rendu à la population. Deux principes qui se sont rejoints avec l’ouverture de services d’imagerie médicale et de biologie. La population malakoffiote a changé, elle aussi. Le nord de la ville, plus proche de Paris, s’est embourgeoisé, tandis que les quartiers sud concentrent les logements sociaux et donc davantage de précarité. Le centre Maurice-Ténine y a essaimé dans les années 1970, les médecins se partageant entre les deux. Ce centre s’est adjoint, lui, des gynécologues, et s’est doté d’un service d’IVG. Malgré leur ancienneté, les deux centres médicaux dérogent à la règle des trois années pour atteindre l’équilibre. « Nous avons un déficit de 15 à 20 % », reconnaît le docteur May. Toutefois, en se livrant à une comptabilité analytique, la médecine générale couvre ses frais tandis que les spécialités affichent une perte de 10 %. C’est le prix d’un choix politique et d’intérêt général.

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Patrick SCHEYDER

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