Imaginée en 1950 par l’architecte Georges Legendre, l’école Jean-Jaurès fut le premier bâtiment public reconstruit à Saint-Nazaire après la guerre. Engagée en 2024 et achevée à l’été 2026, sa rénovation représente un budget prévisionnel de 20 millions d’euros. Sur 4 000 m² de bâtiments, elle préserve les matériaux caractéristiques de l’architecture d’origine tout en visant 40 % de consommations énergétiques en moins : chauffage modernisé, panneaux photovoltaïques, brasseurs d’air. Les espaces ont été réorganisés pour accueillir 12 classes élémentaires et 8 maternelles. Dehors, les 10 000 m² d’espaces extérieurs font davantage de place aux arbres, aux sols perméables et aux potagers pédagogiques. Mais l’innovation concerne aussi la manière de conduire le chantier.

Une recyclerie dans l’école
Lavabos, radiateurs, luminaires, tables, chaises, portes de placard… En septembre 2025, l’école en travaux s’est transformée, le temps d’une journée, en recyclerie éphémère. Dès 8 h 30, une file d’attente s’était formée devant l’établissement. Au total, 1 200 visiteurs et 70 % des matériaux proposés réemployés. L’idée ? Plutôt que de jeter des équipements encore utilisables, les vendre à petits prix aux habitants.
L’opération avait été préparée en amont. Un diagnostic avait identifié les matériaux récupérables. Le cabinet Cycle Up a accompagné cette sélection, l’association d’insertion APIE a assuré leur dépose sélective et l’entreprise Tri’n’collect a participé à l’organisation de la vente. Car démonter sans abîmer, trier, inventorier et stocker exige du temps et du savoir-faire, sans ralentir les travaux. Les invendus ont été orientés vers une ressourcerie voisine.
Une expérience à reproduire ?
L’initiative associe réduction des déchets, insertion professionnelle et participation des habitants. Mais son modèle économique reste à construire : 53 000 euros de dépenses, 4 000 euros de recettes et 10 000 euros de subvention. Les économies sur le traitement des déchets n’ont pas encore été évaluées. Pour de prochaines opérations, la Ville envisage de limiter l’accompagnement extérieur et de mutualiser les matériaux issus de plusieurs chantiers. Reste un obstacle majeur : trouver des lieux de stockage entre démontage et réutilisation.
Photos © La Murisserie – atelier d’architectes









