France services, le dernier recours

Lancé en 2019, dans les zones rurales désertées par les services publics, le réseau France services est devenu le dernier recours pour les usagers et les élus locaux. Mais l’engagement de l’État n’est pas à la hauteur. Bilan.

Par Jacqueline VIRUEGA
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Oui ! Le programme France services aide les usagers à accéder aux services publics tandis que la numérisation et les plateformes téléphoniques excluent une part de la population. L’avis des maires de communes rurales interrogés sur la pertinence de ce dispositif rejoint les conclusions du sénateur Bernard Delcros présentant le bilan de trois ans de Maisons France services : « J’insiste sur la proximité dans l’accès aux services et la possibilité offerte aux habitants de rencontrer et d’échanger avec des interlocuteurs en chair et en os »1. Le réseau est hélas souvent le seul contact « dans la vraie vie » avec les services publics qui ont fermé leurs accueils physiques. D’où le succès des permanences des neuf partenaires de France services, auxquels s’ajoutent des partenariats locaux2.

« LE DERNIER CONTACT HUMAIN »

Yves Le Guellec préside la communauté de communes du Haut Pays Bigouden, dix communes du Finistère entre Quimper et la baie d’Audierne. Il est catégorique : « France services constitue aujourd’hui, avec les mairies, les seuls services de proximité de nos territoires ruraux compte tenu des désengagements successifs de l’État […] et le dernier contact humain dans ce monde de services numérisés où la quasi-totalité des démarches se fait en ligne, dont certaines difficilement ! ». Aussi, la Maison France services de son territoire, qui accueille maintenant 23 structures partenaires, reçoit des demandes en augmentation continue. La permanence régulière des Finances publiques, par exemple, ne désemplit pas. Il faut donc pérenniser ce « dispositif indispensable pour pallier les déficits de service public ».

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