Villejuif, une ferme bio dans l’Yonne pour alimenter les crèches

La ville du Val-de-Marne a racheté une ferme bio dans l’Yonne pour nourrir les enfants de ses crèches. Une partie des terrains abritera les équipements d’un centre de loisirs.

D’un projet, l’autre. C’est ainsi que Pierre Garzon, maire de Villejuif, dans le Val-de-Marne, parti à la recherche d’un pré pour loger des activités de loisirs et de plein-air pour les enfants, les jeunes et les seniors de sa commune, s’est retrouvé le 24 octobre devant le notaire pour acheter une ferme bio dans l’Yonne. La propriété est située à Tannerre-en- Puisaye, à 160 k ilomètres de Villejuif. Quand ils arrivent sur place pour visiter les lieux, le maire et son équipe découvrent non pas un simple terrain, mais une ferme de 12 hectares, dont 3 ont été convertis en agriculture biologique. Et si l’exploitation est encore en activité, le couple d’agriculteurs a mis les lieux en vente. Lui, victime d’un accident, a dû cesser de travailler, elle, qui s’occupait jusque-là de la logistique, du stockage, du conditionnement et du marketing ne peut assurer la relève.

TROIS AGRICULTRICES RECRUTÉES PAR LA VILLE

Face à cette opportunité, les élus villejuifois font évoluer leur projet. « En tant que collectivité, nous avons l’obligation d’introduire du bio dans nos cantines et de nous approvisionner en circuit court. Les deux sont difficilement conciliables en région parisienne », souligne Pierre Garzon. Le maire propose alors à l’agricultrice de racheter les terrains, la ferme avec tout le bâti et les outils de production. Elle sera recrutée en tant que fonctionnaire municipale, de même que les ouvrières agricoles (soit 2,5 équivalents temps plein). Elles poursuivront l’exploitation, mais seront déchargées de toutes les activités de logistique et de transport. Quant à la production maraîchère, elle alimentera les cantines des crèches municipales de Villejuif, chacune étant dotée d’une cuisine travaillant en produits frais. La production couvre la totalité des besoins des crèches, le surplus sera alloué à des associations caritatives de la ville distribuant l’aide alimentaire.

UN MODÈLE À INVENTER

Depuis que le projet a connu quelque publicité, les élus de plusieurs autres communes se sont rapprochés du maire. Pierre Garzon, lui, n’a pas eu beaucoup de ressources pour inventer son modèle. Il a pris contact avec la mairie de Mouans- Sartoux, le village des Alpes- Maritimes qui a créé une régie agricole communale et se targue d’être la première commune de France 100 % bio. S’il a recueilli des conseils utiles, les deux expériences sont quand même assez différentes. Quant au projet de centre de loisirs, il n’a pas été relégué aux oubliettes. Les animateurs des centres de loisirs municipaux sont venus visiter la ferme dont les terrains sont assez vastes pour qu’ils puissent occuper un espace. Ils réfléchissent déjà aux aménagements et équipements nécessaires. 

Par Élisabeth PAN
Article Précédent

Lure redonne des couleurs à la démocratie locale

Article Suivant

À Valenciennes, l’auto-école transporte les seniors