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Ces éditeurs qui ont choisi de publier en région

Éditeurs indépendants, ils cherchent les moyens de résoudre les questions de diffusion-distribution et de production éditoriale.
La rédaction
La rédaction
Publié le 17 mars 2023

LE CROCODILE DE SAINT-ÉTIENNE

« J’avais écrit 4 ou 5 polars sans parvenir à établir une relation durable avec une maison d’édition », se souvient Jean-Louis Nogaro. C’est une des raisons qui l’a conduit, en 2010, à créer les éditions du Caïman (son surnom !). L’instituteur stéphanois contracte alors un prêt et se déclare autoentrepreneur, même si dans sa petite boîte à polars, on réinvestit l’argent que l’on gagne. Au fil des ans, la structure se consolide, bénéficiant d’un solide réseau de plumes acérées : Patrick Amand, Philippe Paternolli ou encore Gilles Del Pappas et Sandrine Cohen, Grand Prix du polar 2021 pour Rosine, une criminelle ordinaire. La maison d’édition signe un contrat avec Pollen-Difpop, un des réseaux de diffusion-distribution référents de l’édition indépendante. Son catalogue est préparé et elle commence à bénéficier des aides au livre de la région Auvergne–Rhône-Alpes. En 2017, avec 19 autres éditeurs stéphanois, Jean-Louis Nogaro fonde l’Association des éditeurs stéphanois qui organise chaque année son propre salon du livre. Histoire d’être prophète en son pays !

Les éditions du Caïman, 36 rue Pierre-Blachon, 42100 Saint-Étienne
LA LITTÉRATURE ET LA TAUROMACHIE À L’ENVI

En 2000, Marion Mazauric quitte les éditions J’ai lu et rentre dans son Gard natal. « Aller au diable Vauvert, c’est partir très loin, ailleurs. On quittait Paris, plantait nos racines dans le territoire gardois, limite pays cévenol, pour résister à tous les mistrals de l’économie du livre », résume-t-elle. Vingt ans après, elle a su prouver qu’on peut exister dans l’économie du livre en dehors du cénacle parisien. Sa maison d’édition compte sept salariés et aligne un chiffre d’affaires net de 1,2 million d’euros par an, un catalogue d’auteurs où Nicolas Rey tutoie Juan Branco et Tristane Banon. Elle crée une résidence d’auteurs, un prix Hemingway dédié à la tauromachie pour « réinsérer cette passion populaire dans une culture populaire tournée vers l’autre et l’écologie », un autre de la nouvelle érotique dans un esprit « super dick ». Engagée dans le collectif Stop Bolloré qui milite contre la concentration éditoriale, elle poursuit aussi son combat contre l’extrême droite. Pour elle, la littérature est d’abord une manière de « tendre la main, chercher des rapports sociaux. »

Au diable vauvert, La Laune, 30600 Vauvert
À TARASCON, ON EST SCRIBE DE MÈRE EN FILLE

Ex-cadre sup dans une entreprise publique, Florence Cortès quitte « le monde du professionnel » en 2007. Elle devient écrivaine publique, conseillère littéraire, puis se lance dans l’édition en 2012. « Je faisais partie du Groupement des Écrivains-Conseils (GREC). Je franchis le pas quand un des auteurs se voit privé de structure pour le publier. » Elle s’installe dans une échoppe à Tarascon-sur-Ariège. Refusant de définir une ligne éditoriale précise, l’Ariégeoise se réclame encore d’une pratique non commerciale, vise l’équilibre financier par les ventes, recourt ponctuellement au crowdfunding. Son moteur est le respect des auteurs. Elle partage des mots qui sont souvent « autant de souffrances ; récits de femmes, de migrants, de dominés… » En 2018, elle fonde les Estivades Poétiques, labellisées par Le Printemps des Poètes. Sa fille, Lola Laupenie, éducatrice auprès de jeunes autistes, la rejoint en 2019 après avoir obtenu la certification Voltaire, et anime aujourd’hui une collection dédiée aux enfants différents.

Vox Scriba, 2 rue du Barri, 09400 Tarascon-sur-Ariège

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Patrick SCHEYDER

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