Articles dossier

Métabief passe à l’après-ski alpin

La station de Métabief a décidé de tourner la page de cette activité fondatrice et d’écrire un nouveau chapitre.
La rédaction
La rédaction
Publié le 5 décembre 2022

Pragmatique, la décision s’est imposée progressivement à partir de 2016. À cette époque, à la suite d’un diagnostic qui évalue à 15 M€ la réparation de quatre télésièges, la petite station située à 900 m d’altitude s’interroge : « On s’est demandé si on avait vingt ans de ski devant nous pour amortir cet investissement, se souvient Olivier Erard, directeur du syndicat mixte du Mont d’Or. Pendant dix-huit mois, nous avons fait des études, des modélisations, sondé les acteurs de terrain, et nous avons conclu que nous n’avions pas ces vingt années, et que nous allions devoir faire le deuil du ski alpin. » Les recettes du ski n’étant plus garanties, la décision est donc prise de ne plus investir ni dans de nouvelles remontées mécaniques, ni dans des extensions de neige de culture.

Prendre appui sur l’humain

Se pose alors la question de l’« après ». Avec peu de lignes directrices, sinon deux convictions : celle d’abord que le modèle de demain se fera à l’échelle du pays du Haut-Doubs, au-delà du seul périmètre de Métabief ; celle, ensuite, que l’après-ski s’appuiera sur l’humain et non sur des infrastructures. Face à cette page quasi blanche, les techniciens ont demandé du temps aux élus : « Il ne fallait surtout pas miser sur la solution miracle, prévient Olivier Erard, mais prendre le temps de la réflexion et se donner les moyens de gérer la complexité et d’accompagner le changement. »

« Nous allons devoir faire le deuil du ski alpin »

Depuis 2019, une partie de la taxe sur les remontées mécaniques permet de financer une mission d’ingénierie, renforcée plus récemment par le plan Avenir montagnes ingénierie et les financements de la Banque des Territoires. Après la création d’un pôle montagne en station, pour améliorer l’accueil des publics et donner plus de visibilité à la diversité de l’offre d’activités, « nous avons cherché à créer du lien avec des territoires qui se sentaient éloignés des loisirs et du tourisme, donne pour exemple Olivier Erard. Nous avons mis en place une communauté d’acteurs, autour de thèmes partagés, comme l’emploi et la formation, avec des possibilités de mutualisation de postes. »

Nouvelle identité

Plus récemment, le recrutement d’une doctorante en psychologie sociale et environnementale permet à l’équipe de travailler sur les effets du développement des activités outdoor sur le milieu naturel et humain, pour prévenir non seulement les atteintes à la biodiversité, mais aussi les conflits d’usage avec les montagnards de la première heure. En conjuguant démarche planifiée et modalités libres de coopération, l’ambition du projet qui se dessine est de faire émerger une nouvelle identité partagée. Autour des valeurs clés du territoire, celle-ci imprégnera un modèle touristique dont la principale force sera sa capacité de résilience.

 
 

ça peut vous intéresser

Innovation

Face à l'intensification des feux de forêt, la détection précoce devient un enjeu majeur pour les collectivités. Le boîtier CamIA, développé par la société AzuriA, repère les premiers départs de...

Innovation

Présent sur l'ensemble des plages surveillées de Marseille, Safer Plage combine une application d'alerte anonyme et des équipes de médiation pour lutter contre le harcèlement et les violences sexistes et...

Innovation

Première en France, la Normandie intègre un drone défibrillateur à la réponse opérationnelle du SAMU. Depuis juillet 2026, une base permet au Centre 15 d'acheminer un défibrillateur automatique externe (DAE)...

Innovation

À la Cité de l’enfance du Plessis-Robinson, l’éducation culturelle est devenue un outil de reconstruction pour des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance. Expositions, ateliers de graffiti, pratique du...

Innovation

À Bois-Guillaume, près de Rouen, les sentiers piétons deviennent un véritable outil de mobilité douce. La commune a entrepris de valoriser son réseau de chemins et de sentes grâce à...

Innovation

À Stockholm, un quartier géant de 25 hectares veut démontrer que le bois peut devenir le matériau de référence de la ville durable du XXIe siècle. Baptisée Stockholm Wood City,...

Innovation

Dans le Lot, un entrepreneur a transformé une ancienne remorque à huîtres en bistrot itinérant pour recréer des moments de convivialité dans les communes privées de café. Entre produits locaux,...

NE PERDEZ PAS L’INSPIRATION,

ABONNEZ-VOUS À LA NEWSLETTER

Votre adresse de messagerie est uniquement utilisée pour vous envoyer les lettres d’information de la société Innomédias. Vous pouvez à tout moment utiliser le lien de désabonnement intégré dans la lettre d’information.
En savoir plus sur la gestion de vos données personnelles et vos droits