La smart city Angers s’attaque à la pollution de l’air

Ville verte, Angers pêche cependant par la mauvaise qualité de son air. Elle mise sur le réseau 5G pour l’améliorer, grâce à des équipements connectés.

Pour devenir la première smart city française, Angers Loire Métropole a signé en 2019 un contrat d’une valeur de 178 M€ avec Engie, La Poste, Suez et VYV, les quatre entreprises sont chargées de développer des solutions énergétiques et de mobilité durable innovantes. En 2022, la collectivité franchit une nouvelle étape numérique, avec cette fois pour objectif de contrôler et de réduire la pollution de l’air dans la ville.

Angers s’est engagée à devenir le premier lieu d’expérimentation de « 5G Green Mobilité ». Le projet, qui se chiffre à 4,8 M€, est porté par le groupe nantais Lacroix, accompagnateur dans la construction et la gestion d’écosystèmes de vie intelligents grâce à des équipements connectés ; Alsatis, opérateur toulousain de solutions internet à très haut débit ; et la start-up toulousaine WaltR, spécialiste de l’intelligence environnementale fournisseur de données. L’innovation de 5G Green Mobilité est de conjuguer la performance des caméras hyperspectrales de WaltR, capables de détecter et d’évaluer de manière fine les niveaux de pollution atmosphérique, avec un réseau de microcellules 5G privé qui collecte des données telles que le taux d’émissions de gaz à effet de serre ou encore les variables météorologiques. La communication entre tous les éléments du dispositif est assurée par une infrastructure 5G privée souveraine émettant sur les bandes 3,5 GHz et 26 GHz et développée par l’opérateur Alsatis.

Classée « première cité verte de France » par l’Observatoire des villes vertes, puis propulsée « première ville où il fait bon vivre », Angers pèche par la qualité de l’air qui, selon Air Pays de la Loire, n’a été jugée bonne que 3 jours sur l’ensemble de l’année 2021. Agir sur la qualité de l’air est une préoccupation majeure des citoyens, un enjeu environnemental et de santé publique. La mise en place du réseau 5G privé est prévue sur les six premiers mois de l’année 2022. Suivra, cet été, l’intégration des premiers capteurs de mesure de la pollution. La solution devra être 100 % opérationnelle fin 2023 pour une évaluation des impacts environnementaux dès 2024. 

Véronique GIRAUD
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