BANNIÈRE INNOVATION 2
Des villages aux métropoles, les élus cherchent tous des solutions pour répondre aux besoins des habitants et ils se montrent souvent audacieux et débrouillards. Dans le domaine social, environnemental, numérique, économique ou intergénérationnel, les idées ne manquent pas. Petit tour d’horizon de ces projets qui nous inspirent.

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8 juin 2022

A Glanges (87), les citoyens financent leur centre de santé municipal

114 citoyens ont prêté de l’argent au village de Glangles (500 habitants en Haute-Vienne) pour la création d’un pôle santé accueillant deux infirmières, un cabinet de télé-ophtalmologie, et normalement un médecin. De janvier à mai dernier, 65 000 € ont été versés par ces citoyens, via la plateforme Villyz (spécialisée dans les projets des collectivités).

Après la rénovation de ce qui était un logement social très énergivore, la nouvelle maison de santé devrait ouvrir début 2023. Lutter contre les déserts médicaux serait la principale motivation de ces 114 prêteurs citoyens, dont un peu plus de la moitié résident dans le département. L’idée de toucher un peu plus d’intérêts qu’un livret A (1,2 % sur 7 ans), en investissant dans un projet qui a du sens, a dû en motiver d’autres.

Avec 65 000 € ainsi récoltés, Glanges détiendrait le record de la collecte de prêts citoyens en France métropolitaine, selon nos confrères du Populaire du centre. Le record était jusqu’ici détenu par un projet photovoltaïque à Rouen, une ville 200 fois plus grande que Glanges, ce qui fait la fierté de la maire du village, Emilie Gillet. Hors métropole, en Guadeloupe, un projet d’éclairage public a fait plus fort encore : 75 000 € récoltés en 2016 par la commune de Bouillante (7 500 hab).

A Glanges, le coût de ce chantier va être complété par des subventions, l’autofinancement de la commune, et un prêt bancaire classique. Mais il semble que le projet aurait difficilement abouti sans le soutien citoyen.

CHU de Lyon – DR

6 juin 2022

Un banc d’allaitement public inauguré à Lyon

De nombreuses jeunes mamans préfèrent ne pas allaiter hors de chez elle, par confort mais aussi par crainte du regard des autres. Or, elles ne peuvent pas toujours anticiper quand leur bébé aura faim. Résultat : elles évitent les sorties et s’isolent (ce qui augmente les risques de dépression post-partum), ou passent rapidement au lait en poudre, alors que les bienfaits de l’allaitement maternel sont prouvés pour la santé du petit. C’est pour cela qu’à Lyon, l’hôpital Femme-Mère-Enfant a souhaité créer un banc public optimisé pour l’allaitement, en s’inspirant d’une expérience belge l’an dernier.

Après qu’un groupe de professionnels de santé ait établi le cahier des charges, des étudiants en design de l’école Bellecour ont planché sur plusieurs prototypes. Le modèle retenu a été construit avec des matériaux recyclés, par l’atelier Emmaüs qui emploie des salariés en réinsertion professionnelle. Inauguré ce 20 mai, ce type de banc est une première en France.

Municipalité de Venelles – DR

27 mai 2022

Une mini-déchetterie installée à Venelles (13)

Une mini-déchetterie a été installée en mars dans le centre de Venelles (Bouches-du-Rhône – 8 400 hab.). Cette borne de tri, baptisée recyclette, permet de déposer des bouchons, capsules de café, stylos, cartouches d’encre, petits appareils électroniques, piles et lunettes.

Évitant aux habitants de se déplacer en déchetterie pour ces petits objets, la municipalité se dit « la première en France » à proposer ce genre de bornes. D’autres communes proposent un service similaire, mais de manière ponctuelle, par exemple les jours de marché. Conçue et commercialisée par l’association venelloise AES (Association écologie solidaire), cette recyclette devrait permettre une valorisation de ces déchets via des filières courtes.

« À titre d’exemples, le marc des capsules de café pourra être optimisé au sein des jardins partagés locaux et les articles en plastique pourront être remis à l’association Terracycle qui coopère avec le collège Saint-Eutrope à Aix-en-Provence pour la transformation des instruments d’écriture en mobilier recyclé », précise la municipalité de Venelles dans un communiqué. Elle indique également qu’à «l’horizon 2023, une fontaine à eau filtrée, qui peut être gazéifiée sur place, est également prévue » dans la ville.

D’autres « recyclettes » commencent à être installées dans la région, comme devant la salle de spectacle 6MIC d’Aix-en-Provence.

20 mai 2022

Punaises de lit : Marseille met en route un plan d’action municipal

La punaise de lit est un sujet de préoccupation pour de nombreux Français, victimes de la recrudescence des infestations ces dernières années. À Marseille, des manifestations de collectifs d’habitants ont eu lieu. Un plan gouvernemental de lutte contre ces parasites, a été dévoilé en février dernier, mais il ne suffit pas, selon différentes associations. Le conseil municipal de Marseille a approuvé le 8 avril dernier un plan d’action municipal de lutte contre les punaises de lit sur son territoire.

Il prévoit la formation du personnel municipal, notamment du CCAS et ceux intervenant dans les écoles, les lieux sociaux et culturels. Une campagne d’information sur les moyens de prévention est prévue à destination de la population et des établissements de tourisme.

Les associations d’aide aux familles fragiles devraient être accompagnées sur ce volet. La Mairie a accepté de leur prêter du matériel de désinfection (appareils vapeur, aspirateur…), et compte acheter d’autres machines.

Ce plan d’action municipal inclut un travail de collecte de données (intégrée à la cartographie des cas d’infection), et de mise en réseau des acteurs compétents sur cette problématique. Enfin, la Ville prévoit une « contractualisation avec l’État, dans le cadre du plan d’action interministériel de lutte contre les punaises de lit, permettant d’établir un diagnostic partagé des besoins du territoire et de fixer des objectifs et des moyens de lutte adaptés tout en précisant la répartition des responsabilités entre les services de l’État et les services communaux dans le cadre de leur mission générale de salubrité publique ».

16 mai 2022

À Schaerbeek (Belgique), des femmes bricolent pour devenir plus autonomes

La Maison des femmes de Schaerbeek (en Belgique, 133 000 hab) propose depuis l’an dernier des ateliers « Bricoladies » : des initiations au bricolage à destination des femmes.

Au programme : « Des petits travaux de plomberie, comment réparer sa chasse d’eau, son évier qui fuit, le b.a.-ba en électricité, en menuiserie, comment réparer sa serrure. Donc, on a réfléchi comme ça à toutes sortes de petites choses qui pouvaient rendre autonomes les femmes », explique Julie, coordinatrice de la Maison des femmes dans cette vidéo de présentation.

Ces ateliers, soutenus par la Région Bruxelles-Capitale, ont un double objectif :

  • L’émancipation de la gent féminine, en renversant le stéréotype sexiste « la femme s’occupe des tâches ménagères, et l’homme des réparations dans la maison ».
  • Mais aussi un retour en formation voire à l’emploi, pour ces femmes qui retrouvent confiance en elles et en leur capacité à acquérir de nouvelles compétences. « Sur l’ensemble du dispositif, on a au minimum 20 % des personnes qui sont prêtes à entrer en formation après ces ateliers », se réjouit Alain Herdies, directeur de l’organisme Jeunes schaerbeekois au travail (JST). La Maison des femmes collabore ainsi avec plusieurs structures qui proposent des formations et des emplois dans la construction.

Créée en 2010, la Maison des femmes de Schaerbeek dit organiser « plus de 30 activités par semaine, [avec] plus de 100 partenaires et de 13.000 participants par an ».

12 mai 2022

Mandelieu (06) innove dans la lutte contre les inondations mortelles

En octobre 2015, dans les Alpes-Maritimes, des inondations avaient fait vingt morts. Dont 8 personnes à Mandelieu-la-Napoule, lorsque les flots s’étaient engouffrés à pleine vitesse dans les parkings souterrains d’immeubles.

Pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise, une solution innovante a été trouvée dans cette ville de 22 000 habitants : des batardeaux. Il s’agit de barrières automatiques, qui fonctionnent même en cas de coupure de courant grâce à la pression hydraulique. Concrètement, quand l’eau commence à arriver et appuie sur des capteurs, une plaque étanche se relève et bloque complètement l’accès aux flots avant la pente qui mène au parking souterrain.

Dernièrement, une école et plusieurs immeubles d’habitation ont été ainsi sécurisés. D’autres le seront en cours d’année, pour un total de 38 batardeaux et près de 8 millions d’euros. Un coût que n’auraient pas pu supporter les syndicats de copropriétaires, même si dans le droit, il leur revenait d’effectuer ces travaux. Alors les collectivités locales ont financé cette sécurisation à hauteur de 90%.

En parallèle, l’intercommunalité a financé le rehaussement de murets et de l’installation de pompes à eau.

Fin 2021, la Ville de Mandelieu-la-Napoule a également équipé sa police municipale en véhicules de secours amphibies et a acquis un verger de 14 hectares pour y accueillir une zone d’expansion de crue. « Nous en ferons un ouvrage remarquable de résilience et l’un des plus grands parcs naturels interurbains d’Europe », déclarait la municipalité, qui a retenu des enseignements des crues de 2015 et 2019.

intergenerational relation between man and woman

12 mai 2022

A Grand-Champ (56), un village vraiment Intergénérationnel

Proposer « un logement adapté à tous nos Morbihannais, en fonction de leurs moyens et de leurs besoins » -comme l’a dit le maire Yves Bleunven, lors de l’inauguration- : c’est ce leitmotiv qui a guidé la municipalité de Grand-Champ (5 300 habitants, près de Vannes) lorsqu’il a fallu réhabiliter la friche de l’ancien Ehpad. Et comme les besoins et les profils des habitants étaient divers, c’est un village vraiment intergénérationnel et aux multiples facettes qui a vu le jour dans le centre-bourg. Un projet pensé en concertation avec le bailleur départemental, Général Bretagne sud habitat.

Opérationnel depuis 2021, ce « village » de Lanvaux regroupe :

  • des logements pour séniors (domotisés),
  • un foyer pour jeunes (notamment en stage ou en apprentissage),
  • des résidences de tourisme,
  • la maison des solidarités (incluant le CCAS, les services de soins infirmiers et d’aide à domicile, le Secours catholique,…)
  • des associations aussi bien pour les ainés (club des retraités, union des anciens combattants), que pour les sportifs, avec la fédération départementale de randonnée, et le Team espoir cyclisme, structure qui accompagne les coureurs désirant poursuivre cyclisme de haut niveau et études supérieures.

Des lieux de rencontre et d’animation (place centrale, jardin partagé, salle polyvalente…) ont été pensés pour renforcer l’aspect village convivial et le lien entre toutes les générations.