BANNIÈRE INNOVATION 2
Des villages aux métropoles, les élus cherchent tous des solutions pour répondre aux besoins des habitants et ils se montrent souvent audacieux et débrouillards. Dans le domaine social, environnemental, numérique, économique ou intergénérationnel, les idées ne manquent pas. Petit tour d’horizon de ces projets qui nous inspirent.

date

titre

text

1 décembre 2022

Plombières (Belgique) équipe toutes ses églises d’un défibrillateur

Les maladies cardiovasculaires et leurs complications restent l’une des premières causes de mortalité dans le monde. Pour la Belgique et selon la Ligue cardiologique belge, 30 000 Belges en meurent encore chaque année. Dans la province de Liège, la commune de Plombières (11 000 habitants) a décidé d’installer huit défibrillateurs mobiles dans chacun de ses villages. Mais pas à n’importe quel endroit. En effet, ils ont tous été disposés sur le mur d’une église ou d’une chapelle. Pourquoi ? Car, dans un village, ce sont les bâtiments les plus remarquables, et qui se situent généralement au centre. Avec un investissement de 15 000 euros, ce projet était accompagné de formations à la réanimation à destination des habitants. La commune de Plombières propose désormais des formations mensuelles assurées par les pompiers du village de Montzen.

Une autre ville belge s’est également pourvue de défibrillateurs : Liège a formé à la réanimation près de 20 000 citoyens et citoyennes en cinq ans, avec la mise en place de 20 défibrillateurs électriques dans l’espace public liégeois. La Ligue cardiologique belge a également développé l’application « Reanim », permettant de cartographier les défibrillateurs externes disponibles sur le territoire belge, mais aussi, en cas d’arrêt cardiaque, de permettre aux personnes présentes de trouver le défibrillateur le plus proche et d’appeler les secours.

Alice MASCHER

28 novembre 2022

Ouville-La-Rivière : l’art s’expose en plein champ

Imaginez une exposition photo au milieu des champs. Le 4 septembre dernier à Ouville-la-Rivière, en Seine-Maritime, une impressionnante structure en ballots de paille a servi d’écrin éphémère aux photographies de Mathieu Douzenel. Cette exposition venait clôturer le projet Paysages agraires – Paysages de Cultures, conduit par Dieppe Scène nationale et SparkCie dans le cadre du dispositif Territoires ruraux, territoires de culture : résidences d’artistes en territoire rural, soutenu financièrement par la DRAC Normandie, le département de la Seine-Maritime et la commune d’Ouville-la-Rivière.
Pendant une dizaine de jours, les visiteurs ont pu admirer au sein de cet amphithéâtre insolite le travail du photographe Mathieu Douzenel. Depuis vingt ans, il sillonne la région et immortalise ses monuments et paysages. Pour ce projet, Mathieu Douzenel a rencontré cinq exploitants agricoles de la commune durant plusieurs mois. « Un projet humain fort », souligne Loïc Paillard, le maire d’Ouville-la-Rivière, dans un milieu où les hommes travaillent souvent seuls, dans des conditions difficiles.

De leur côté, les enfants de l’école primaire des Trois Rivières ont également participé au projet avec leurs enseignants. La plasticienne Marie Mellier est intervenue dans les classes de CM1-CM2 pour encourager les élèves à produire des œuvres à partir du travail du photographe. Le maire, lui, se projette déjà dans le futur et envisage de proposer régulièrement aux habitants une exposition de photographies du monde agricole français, et pourquoi pas au-delà.

Caroline BAGUR

25 novembre 2022

Laroque-des-Albères, écolo par bon sens

Christian Nauté, maire de Laroque-des-Albères dans les Pyrénées-Orientales, a reçu avec le 18 novembre le Coup de cœur du jury du prix Capitale française de la biodiversité. Dirigeant cette commune de 2 200 habitants depuis 2008, il a fait de l’écologie sans le savoir. « En fait, j’ai juste usé de bon sens », déclarait-il le 7 novembre au quotidien L’Indépendant. Ce qui lui a valu sa distinction : la création d’un périmètre de protection des espaces agricoles et naturels, une gestion écoresponsable du chauffage et de la consommation d’eau à l’école, l’extinction depuis dix ans de l’éclairage public durant la nuit, l’interdiction faite aux employés municipaux d’utiliser des produits phytosanitaires, l’installation de nichoirs pour chauve-souris et hirondelles, grosses consommatrices de moustiques, plutôt que l’usage d’insecticides.

Depuis sa mise en service, Téléo transporte 8 000 passagers par jour à 75 mètres au-dessus de la Garonne. © Jean-Luc Thomas

14 novembre 2022

Toulouse, un transport en commun qui survole la ville

La Ville Rose s’est dotée d’un téléphérique franchissant la Garonne pour relier trois pôles consacrés à la santé. Il s’insère dans le réseau de transports en commun pour désengorger le trafic routier en centre-ville.

C’est le plus long téléphérique urbain de France ! Avec ses 2,7 km, Téléo est le nouveau téléphérique urbain mis en service à Toulouse le 13 mai. Il relie l’Oncopole à l’université Toulouse-III-Paul-Sabatier en franchissant la Garonne, avec une station intermédiaire à l’hôpital Rangueil. Son tracé permet d’éviter un passage par le centre-ville. Cela représente, à la fois, un gain de temps pour les usagers qui devaient traverser le centre-ville pour effectuer ce trajet et un impact positif sur la circulation automobile dans la ville. L’idée de cette liaison avait été lancée par l’ancien maire Philippe Douste-Blazy, après l’explosion de l’usine AZF, en 2001. L’édile envisageait sa création sur le site de l’Institut universitaire du cancer de Toulouse, l’Oncopole, et estimait qu’il faudrait ouvrir une voie de communication pour le relier aux deux autres pôles de santé majeurs que sont le CHU et la faculté de médecine. Il aura fallu plus de vingt ans pour que le projet devienne réalité. Et il est vrai que la construction de cet équipement était d’autant plus attendue que ces dernières années, avec plus de 15 000 nouveaux habitants et 7 000 emplois créés par an, les réseaux routiers étaient quasiment parvenus à saturation.

Performant et fluide

Le jour de l’inauguration, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de la Métropole, se félicitait de proposer, avec la mise en service du téléphérique, un « réseau de transports en commun performant, fluide, vert et couvrant le territoire ». En effet, Téléo a été intégré à Tisséo, le réseau de bus, trams et métros de la ville rose, et est accessible avec les mêmes titres de transport. Il est également connecté au réseau routier et cyclable avec un parking relais pour les autos et les vélos. Aux heures de pointe, la capacité du téléphérique à propulsion 100 % électrique est de 1 500 voyageurs par heure dans chaque sens, les besoins journaliers ayant été estimés à 8 000 voyageurs. Sa réalisation aura nécessité un investissement de 82,4 millions d’euros, financé à 80 % par la société publique locale Tisséo Collectivités, et pour le restant, par des contributions de l’État et de la région Occitanie.

Dominique LATIER

11 octobre 2022

À Lille, le soir, les bus s’arrêtent à la demande

Depuis le 7 juin, tous les voyageurs des bus circulant après 22 heures sur le réseau lillois Ilévia peuvent descendre entre deux arrêts : il suffit pour cela d’en faire la demande au chauffeur.

Expérimenté durant l’été 2019 par la métropole européenne de Lille sur trois lignes du réseau, le dispositif a donc été généralisé aux lignes circulant tard le soir, soit près de 25 lignes. Inscrite dans le Plan national de la lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles, la descente à la demande est préconisée par le ministère des Transports depuis 2018. Elle répond à un double objectif : faciliter la mobilité de tous, notamment des personnes à mobilité réduite ou ayant du mal à se déplacer à pied, mais surtout de renforcer la sécurité, notamment des voyageuses, en permettant une descente au plus proche de leur destination finale. L’arrêt à la demande d’Ilévia s’adresse ainsi à toute personne se déplaçant seule, femme et homme, ou accompagnée d’enfants, afin d’éviter un long parcours à pied dans la nuit. Pour le bon fonctionnement du service, quelques règles doivent être respectées. Le lieu de descente doit se situer sur un tronçon autorisé disposant d’une zone permettant l’arrêt du bus, d’un éclairage suffisant, d’un cheminement adapté au piéton et d’un revêtement stabilisé. Toutefois, c’est au chauffeur de décider, au cas par cas, si l’arrêt est possible ou pas selon les circonstances. Si ce n’est pas le cas, il peut proposer au voyageur de descendre dans un endroit plus approprié. La généralisation a été précédée d’un sondage selon lequel ce service inciterait plus de 60 % des usagers à prendre le bus la nuit.

Élisabeth PAN

Un aperçu du parcours numéro 10 de la métropole : Les terrasses de la Bruche Kolbshein/Hangenbieten. © Alban HeYi/Strasbourg eurométropole

30 septembre 2022

À Strasbourg, vingt circuits créés pour des balades en famille

L’Eurométropole de Strasbourg a édité fin juin un guide de dix balades nature sur son territoire. Les itinéraires à faire à pied, y compris avec des enfants en bas âge ou des personnes à mobilité réduite car accessibles en poussette et en fauteuil, permettent de découvrir les richesses naturelles (faune, flore et paysages) et patrimoniales des communes de la métropole. Tous sont accessibles depuis un arrêt de bus ou de tramway, chaque parcours durant environ 1 h 30. Le trajet effectue une boucle ramenant les promeneurs à leur point de départ.

Cette initiative fait suite à l’édition en 2019 par la ville de Strasbourg d’une brochure identique proposant dix promenades sur la commune. Les deux guides sont disponibles gratuitement à l’office de tourisme, dans les mairies de quartier de la capitale alsacienne et les mairies des autres communes. Ils peuvent aussi être téléchargés (https://www.strasbourg.eu/guide-balades-nature) sur le site de l’Eurométropole. Par ailleurs, les vingt balades sont gratuitement disponibles en audioguide grâce à un partenariat entre l’office de tourisme et l’application izi.TRAVEL qui les héberge sur son site.

Jacques MUCCHIELLI

Daniel Floutard, maire de Combaillaux et Marjorie Malzieu, la boulangère, fiers de leur Painbaillaux. © DR

21 septembre 2022

Combaillaux : quand la commune fabrique son propre pain

Une création qui a germé durant l’été 2020. Le maire de cette petite commune de l’Hérault a réuni les acteurs locaux pour organiser une minifilière locale de production de blé, de farine et de pain. Ce circuit ultra-court a donné naissance au Painbaillaux.

Et c’est à Daniel Floutard que l’on doit cette innovation, qui est quasiment, au sens propre, au four et au moulin. Maire de Combaillaux, commune de 1 500 habitants dans l’Hérault, il est le chef d’orchestre ayant mis en synergie les acteurs locaux pour constituer une filière locale de production de blé, de farine et de pain. « C’était pendant le premier confinement. Nous avions une discussion entre amis et vu la grande disponibilité du foncier agricole, l’idée nous est venue de faire un pain entièrement local », raconte-t-il. Les amis en question sont des personnalités de la commune. Il y a là le responsable du domaine oléicole de l’Oulivie et de son restaurant, celui du domaine vinicole de la Jasse, le fils du maire qui dirige une société agricole et le boulanger installé depuis quatre ans. Chacun apporte sa pierre à l’édifice : la mise à disposition de matériels pour l’Oulivie et la Jasse, l’ensemencement, la culture et la moisson pour le maire, le stockage et la première meule pour la société agricole puis le convertissage en farine fine et l’élaboration du pain pour le boulanger.

« Nous avons dès l’automne 2020 engagé une première saison-test », poursuit l’élu. La commune a mis à disposition un peu plus d’un hectare de terre agricole lui appartenant. Le maire lui-même s’est chargé de la plantation du blé jusqu’à la moisson. Les premières farines sont devenues du pain complet. Ce dernier a été abondamment testé sur canapés lors de réceptions en mairie, de manifestations dans les deux domaines, au restaurant de l’Oulivie, à l’occasion des festivités locales…

Après une première récolte d’une tonne et demie en 2021, la surface cultivée a été plus que doublée. En juillet dernier, les champs ont fourni quatre tonnes de blé. Le pain, issu d’un circuit on ne peut plus court, est désormais vendu à la boulangerie pendant quelques jours par semaine. Les farines produites ne couvrent pas l’étendue des besoins du boulanger, loin de là, mais ce n’est pas l’objectif. Encore que, comme le dit le maire, « nous avons commencé à diversifier les variétés en plantant du seigle et de l’épeautre, et nous avons suffisamment de foncier agricole disponible pour monter en production autant que le boulanger le souhaitera ». Très imaginatifs, les habitants ont surnommé cette miche appétissante le Painbaillaux, un pain entièrement communal.

Pierre MAGNETTO