BANNIÈRE INNOVATION 2
Des villages aux métropoles, les élus cherchent tous des solutions pour répondre aux besoins des habitants et ils se montrent souvent audacieux et débrouillards. Dans le domaine social, environnemental, numérique, économique ou intergénérationnel, les idées ne manquent pas. Petit tour d’horizon de ces projets qui nous inspirent.

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Un aperçu du parcours numéro 10 de la métropole : Les terrasses de la Bruche Kolbshein/Hangenbieten. © Alban HeYi/Strasbourg eurométropole

30 septembre 2022

À Strasbourg, vingt circuits créés pour des balades en famille

L’Eurométropole de Strasbourg a édité fin juin un guide de dix balades nature sur son territoire. Les itinéraires à faire à pied, y compris avec des enfants en bas âge ou des personnes à mobilité réduite car accessibles en poussette et en fauteuil, permettent de découvrir les richesses naturelles (faune, flore et paysages) et patrimoniales des communes de la métropole. Tous sont accessibles depuis un arrêt de bus ou de tramway, chaque parcours durant environ 1 h 30. Le trajet effectue une boucle ramenant les promeneurs à leur point de départ.

Cette initiative fait suite à l’édition en 2019 par la ville de Strasbourg d’une brochure identique proposant dix promenades sur la commune. Les deux guides sont disponibles gratuitement à l’office de tourisme, dans les mairies de quartier de la capitale alsacienne et les mairies des autres communes. Ils peuvent aussi être téléchargés (https://www.strasbourg.eu/guide-balades-nature) sur le site de l’Eurométropole. Par ailleurs, les vingt balades sont gratuitement disponibles en audioguide grâce à un partenariat entre l’office de tourisme et l’application izi.TRAVEL qui les héberge sur son site.

Jacques MUCCHIELLI

Daniel Floutard, maire de Combaillaux et Marjorie Malzieu, la boulangère, fiers de leur Painbaillaux. © DR

21 septembre 2022

Combaillaux : quand la commune fabrique son propre pain

Une création qui a germé durant l’été 2020. Le maire de cette petite commune de l’Hérault a réuni les acteurs locaux pour organiser une minifilière locale de production de blé, de farine et de pain. Ce circuit ultra-court a donné naissance au Painbaillaux.

Et c’est à Daniel Floutard que l’on doit cette innovation, qui est quasiment, au sens propre, au four et au moulin. Maire de Combaillaux, commune de 1 500 habitants dans l’Hérault, il est le chef d’orchestre ayant mis en synergie les acteurs locaux pour constituer une filière locale de production de blé, de farine et de pain. « C’était pendant le premier confinement. Nous avions une discussion entre amis et vu la grande disponibilité du foncier agricole, l’idée nous est venue de faire un pain entièrement local », raconte-t-il. Les amis en question sont des personnalités de la commune. Il y a là le responsable du domaine oléicole de l’Oulivie et de son restaurant, celui du domaine vinicole de la Jasse, le fils du maire qui dirige une société agricole et le boulanger installé depuis quatre ans. Chacun apporte sa pierre à l’édifice : la mise à disposition de matériels pour l’Oulivie et la Jasse, l’ensemencement, la culture et la moisson pour le maire, le stockage et la première meule pour la société agricole puis le convertissage en farine fine et l’élaboration du pain pour le boulanger.

« Nous avons dès l’automne 2020 engagé une première saison-test », poursuit l’élu. La commune a mis à disposition un peu plus d’un hectare de terre agricole lui appartenant. Le maire lui-même s’est chargé de la plantation du blé jusqu’à la moisson. Les premières farines sont devenues du pain complet. Ce dernier a été abondamment testé sur canapés lors de réceptions en mairie, de manifestations dans les deux domaines, au restaurant de l’Oulivie, à l’occasion des festivités locales…

Après une première récolte d’une tonne et demie en 2021, la surface cultivée a été plus que doublée. En juillet dernier, les champs ont fourni quatre tonnes de blé. Le pain, issu d’un circuit on ne peut plus court, est désormais vendu à la boulangerie pendant quelques jours par semaine. Les farines produites ne couvrent pas l’étendue des besoins du boulanger, loin de là, mais ce n’est pas l’objectif. Encore que, comme le dit le maire, « nous avons commencé à diversifier les variétés en plantant du seigle et de l’épeautre, et nous avons suffisamment de foncier agricole disponible pour monter en production autant que le boulanger le souhaitera ». Très imaginatifs, les habitants ont surnommé cette miche appétissante le Painbaillaux, un pain entièrement communal.

Pierre MAGNETTO

19 septembre 2022

À Montpellier, les retraités s’activent pour les tout-petits

Voilà une idée qui pourrait bien faire des émules dans d’autres collectivités. D’autant que dans un sondage exclusif à paraître dans notre numéro d’octobre, on constate qu’une majorité des Français se dit prête à s’engager pour sa commune.

À Montpellier, quatorze retraités assurent une mission d’agent de protection des écoles (APE) aux heures d’entrée et de sortie des classes de quatorze groupes scolaires. L’année dernière, déjà, la ville avait fait appel à des seniors pour sécuriser les abords d’écoles signalés par les parents d’élèves pour des risques encourus par les piétons.

« Nous avons fait appel à des seniors pour plusieurs raisons. Souvent, ils perçoivent de petites pensions et quelques heures de travail peuvent les aider à améliorer leur situation », explique Sébastien Cote, adjoint au maire chargé notamment de la police municipale. « Pour nous qui avons créé une réserve citoyenne, c’est une autre façon d’encourager les citoyens à participer à la vie de la cité. Enfin, ça permet aussi de mélanger les générations. » Pour recruter ces contractuels, la ville procède par appel à candidatures. Les conditions pour être retenu, sont : être retraité, avoir moins de 67 ans et résider à proximité d’une des écoles concernées. Ces agents, accompagnés par un cadre administratif de la ville, n’ont pas de mission de police municipale. Ils assurent la sécurité routière durant une heure le matin, et une heure et demie l’après-midi.

Un autre dispositif, « la rue aux écoliers », consistant à interrompre la circulation sur les voies desservant les écoles, a aussi été mis en place dans dix écoles, mais il n’est pas reproductible partout. Les deux dispositifs sont appelés à monter en puissance. Après la rentrée de chaque période de vacances (automne, hiver et printemps), une nouvelle école sera protégée avec l’une ou l’autre des deux solutions.

Crédit photo Nicolas Fagot Studio

24 juin 2022

Saliès, un village tarnais primé pour son audace et son autonomie

Le village de Saliès, 850 habitants dans le Tarn, a reçu le « dauphin de l’audace » du Prix de l’innovation rurale organisé par l’université Paris-Dauphine. Leur initiative : installer des panneaux photovoltaïques sur la salle de sport communale, et les relier à des batteries recyclées.

Le projet est en cours de mise en place. «Il devrait couvrir 30 % de nos besoins, en utilisant 75 % de l’électricité qu’on va produire», a précisé François Rochedreux, le maire, juste avant de recevoir le prix des mains d’Erick Lajarge, directeur général adjoint en charge de la coordination territoriale au Cerema.

Après une phase de réflexion avec l’ensemble des habitants sur la sobriété (une enquête a été menée pour cela avec un chercheur de l’université), la Mairie s’est rendu compte qu’une synergie était possible avec deux entreprises de la région (l’une exerçant dans le photovoltaïque, l’autre dans le recyclage de batteries).

Plus globalement, «la commune de Saliès, labellisée « Territoire engagé pour la nature », est engagée dans un combat très ambitieux et audacieux d’autonomie énergétique que nous souhaitons saluer», résume le jury du prix. En effet, la municipalité a déjà mené plusieurs projets avec pour fil rouge l’autonomie : de l’éco-pâturage (3 ânes broutent l’herbe des bassins de rétention, évitant d’utiliser des tondeuses à carburant), l’installation de ruches pour la production locale de miel, etc.

Le maire et son équipe ont déjà d’autres idées pour poursuivre cette démarche d’autonomie énergétique : «utiliser les surproductions [électriques] pour aller pomper l’eau et ainsi arroser le stade» ou envisager des projets liés à la mobilité.

21 juin 2022

Creuse : des voitures hybrides pour les aides à domicile

Donner un coup de pouce aux aides à domicile du territoire, en leur louant à prix réduit des voitures hybrides : c’est l’initiative portée par l’association creusoise Maison de l’emploi et de la formation 23. Son président, ainsi que des élus du conseil régional Nouvelle-Aquitaine et du conseil départemental de la Creuse qui soutiennent ce projet, remettront les clés des premières voitures ce vendredi 24 juin 2022.

«Les actuels pics de canicule rappellent l’indispensable rôle des aides à domicile auprès des personnes âgées ou des personnes en rétablissement. Pourtant, ce secteur de l’aide à domicile est en forte tension : il doit faire face à des problèmes de recrutement, d’absentéisme, de manque de valorisation du métier… La mobilité est l’un des enjeux identifiés du secteur. Les causes ? Le coût des déplacements très fréquents – surtout en milieu rural -, l’entretien du véhicule…», détaille le conseil régional dans un communiqué.

24 aides à domicile vont dès à présent participer à cette expérimentation pendant deux ans. Ils verseront 200 € de loyer par mois (comprenant l’assurance et l’entretien). 56 autres salariés sont sur liste d’attente. Au total, 147 véhicules hybrides ont été commandés, pour un budget de 86 400 € réparti entre la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (35 000 €), la Région Nouvelle-Aquitaine (28 800 €) et le Département de la Creuse (22 600 €).

D’autres collectivités, comme la municipalité de Dreux, celles dans l’Indre de Rosnay, Douadic, Ciron et Oulches, ou encore le conseil départemental du Loir-et-Cher, soutiennent des initiatives similaires, mais avec des véhicules thermiques.

DR Sports festival.

17 juin 2022

En Roumanie, un ticket de bus contre 20 squats

Une collectivité qui veut encourager à la fois l’utilisation des transports peu polluants et le sport, pense généralement au vélo. Au nord de la Roumanie, Cluj-Napoca (325 000 hab.) propose une alternative : une borne délivre un ticket de bus gratuit à toute personne réalisant 20 squats devant la caméra de l’appareil.

Une borne équivalente avait été créée pour les Jeux olympiques de 2014 et installée dans le métro de Moscou (il fallait alors 30 squats pour un ticket). La municipalité de Cluj-Napoca s’en est inspirée lors du Festival des sports organisé début 2021. L’initiative ne devait durer que le temps du festival. Elle est finalement devenue pérenne depuis août dernier face au succès rencontré : « plus d’un million de squats » effectués les trois premiers mois.

L’initiative porte le nom de « ticket santé », car c’est bien avec une logique de lutte contre la sédentarité et l’obésité que ce projet a été pensé.

 

Tri des olives et des feuilles par les jeunes. Capture d’écran, Canal.D

14 juin 2022

Draguignan : les jeunes murissent leurs projets avec les olives

«Et si nous organisions une cueillette d’olives solidaires ?» C’est en substance ce qu’ont proposé en 2020 deux mineurs non accompagnés varois à leur éducateur de l’association ADSEAAV. Leur idée rejoignait un projet mis en place par le passé par la Mission de lutte contre le décrochage scolaire de Draguignan. C’est donc ensemble qu’a été menée cette opération, qui a reçu fin 2021 le Grand prix des jeunes citoyens, décerné par l’Association nationale des conseils d’enfants et de jeunes (Anacej). L’initiative devrait être renouvelée ces prochaines années.

Des propriétaires d’oliviers, dont la municipalité de Draguignan, ont laissé la vingtaine de jeunes récolter leurs fruits. Le projet a plusieurs intérêts éducatifs : créer des liens entre jeunes aux parcours différents, faire découvrir les métiers de l’olive à ces ados en pleine réflexion sur ce qui leur plait pour leur orientation scolaire, ou encore convaincre à l’oral en présentant le projet au jury de « Ose tes idées »*. 

Ramassage des olives, tri, pressage, mise en bouteilles, décoration des bouteilles… Les ados ont tout fait, jusqu’à obtenir une trentaine de litres d’huile. Les bouteilles ont pour partie été distribuées entre les participants et les propriétaires des oliviers. D’autres ont été vendues au bénéfice d’associations caritatives du territoire.

*dispositif de soutien financier des projets de jeunes (11 à 25 ans) financé par le Service départemental de la jeunesse, de l’éducation et du sport du Var et la Caf du Var, et animé par la Ligue de l’Enseignement – FOL du Var.